L’insécurité et le dogmatisme sécuritaire

L’insécurité et le dogmatisme sécuritaire
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Nombreuses sont les personnalités politiques à arborer l’insécurité dans une ligne dogmatique, populiste et réactionnaire. La finalité ne peut qu’aboutir sur une ligne clairement dystopique digne de l’œuvre de Georges Orwell.

Parmi eux, nous trouvons la « droite » au travers de l’UMP, mais aussi l’autoproclamée « gauche » au travers du Parti Socialiste. En effet, ils soutiennent une volonté de renforcer progressivement les mesures coercitives afin que les citoyens se retrouvent dans une « cage mentale » au vu du nombre de la croissance des délits. Le tout s’inscrit dans le cadre d’une augmentation crescendo des différents projets de loi comme « sécurité et libertés, LOPSI, LOPPSI2, etc.). Elles ont été adoptées ces dernières années par le Parlement bicaméral. Toutefois, le scandale réside dans le fait qu’elles ne profitent pas aux citoyens, mais uniquement à la « classe dominante ».

Au nom d’un virage axé sur la « lepénisation des esprits », la sécurité en lien avec l’un des besoins de Virginia Henderson s’est transformé comme l’un des premiers besoins. Quid de se nourrir, de boire ou encore d’avoir un toit sur la tête ? Nous le voyons bien que la logique de la politique du chiffre à tout-va permet d’accroître non pas la sécurité des citoyens, mais une sécurité de ceux qui ont déjà les besoins fondamentaux remplis. Dès lors, nous pouvons parler d’une politique violente générant in fine l’insécurité au travers de l’intimidation des caïds en uniforme.

Il s’agit d’une démonstration de la montée en puissance de « l’État Fort » s’accompagnant d’une législation mettant en péril la question de l’État de droit. La position régalienne s’accroît progressivement en détruisant systématiquement les autres services publics. Nous sommes dans une transformation progressive d’un « État Policier ». Cela peut inquiéter les « républicains » et les amoureux de la « démocratie ». Pourtant, nous n’allons pas vers une « démocratisation » de notre pays, mais bien l’inverse.

Ces méthodes fascisantes tendent à créer volontairement des contraventions, des délits et des crimes afin d’équilibrer les statistiques. En les augmentant, il se traduit nécessairement une hausse de la délinquance. Avec l’appui des différents médias appartenant à cette même classe dominante, la notion de « sentiment d’insécurité » prend le terrain. Dès lors, les statistiques servent également à établir un lien falsifié de l’accroissement de la délinquance ayant pour objectif de générer une peur importante au sein de la population. Fini, l’insécurité alimentaire et sociale, voilà l’insécurité liée aux différents codes : Code la défense, Code pénal, Code de la sécurité intérieure, etc. Cela génère un sentiment très fort promptement subjectif croyant que l’insécurité augmente alors qu’il s’agit qu’une manipulation des chiffres et des statistiques.

Le milieu conservateur a toujours refusé que l’insécurité baisse, puisque les lobbies sécuritaires sont puissants et implantés dans les différents réseaux au sein du ministère de l’Intérieur. De ce fait, il y a un business sur l’insécurité, ce qui rentabilise quelques entreprises (Protecop, Nobel, etc.) dépouillant ainsi le budget de l’État. Or, il faut que le pouvoir exécutif démontre que le « budget » du ministère de l’Intérieur augmente. Cela permet de rassurer les personnes étant tombées dans le panneau lié à la « propagande insécuritaire » des grands médias, de la droite et de l’extrême-droite.

À un moment donné, il faut que les personnalités politiques (dont nous douterons de leur approche en termes de baisse de la délinquance) admettent la vérité : leur objectif est le maintien de l’insécurité puisque c’est leur fonds de commerce politique pour vendre des adhésions. En effet, s’il n’y a plus d’insécurité, le fond de leurs politiques communes n’existe plus, ce qui fait que les partis sont voués à l’échec et à la disparition.

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