Publicité : une pollution visuelle

Publicité : une pollution visuelle
Photo by Merakist on Unsplash

Au sein de notre modèle économique, la publicité prend une part prépondérante en devenant omniprésente dans nos vies. Incontournable dans notre société de consommation liée aux injonctions du néolibéralisme, elle stimule nos envies. La publicité est devenue l’alpha et l’oméga du capitalisme, ne serait-elle pas également une source de pollution ?

Partout dans le monde, de nombreux panneaux publicitaires ont remplacé le paysage pour nous ordonner des injonctions dans nos achats. Ils nous obligent et nous orientent dans cette société de consommation. L’espace public est devenu un vaste supermarché. Chaque endroit vendu à ces entreprises par l’Etat génère des publicités et donc des bénéfices.

Les bénéfices générés par les entreprises sont de plus en plus omniprésents, comme le groupe Publicis. Ainsi, publicité visuelle détruit notre planète.

Le marché de la publicité s’est largement accentué ces dernières années. Au nom des injonctions liées à la « société de consommation », le marketing s’adapte en fonction des époques. De ce fait, l’espace public se privatise progressivement au profit des entreprises et des « libertés économiques ». La volonté de « libéraliser » l’économie s’accompagne par la création de « besoins superficiels » poussant le « client » à consommer pour des choses qu’il n’en n’a pas vraiment l’utilité. La « société de consommation » s’inscrit également dans la « surconsommation » (inhérente à la politique de l’offre). La production à tout-va permet de faire baisser substantiellement les prix afin de déboucher sur une société « low-cost ». Toutefois, cette nouvelle production cherche des prix bas. Elle s’oriente dans la baisse des normes, la flexibilité du Marché du travail et la libéralisation galopante de l’économie.

Au moment où la publicité génère d’une façon ou d’une autre des besoins superflus, nous sommes dans un diktat des enseignes publicitaires qui louent des espaces publics autant au privé qu’au public. Une remise en question débouche sur le fait que le capitalisme et la démocratie ne sont pas compatibles. L’un cherche par tous les moyens de réaliser la « maximisation du profit » alors que la seconde s’inscrit dans un système où les structures permettent justement de choisir des élus (locaux comme parlementaires) afin d’orienter vers une régulation du capitalisme. En effet, la notion même de régulation apparaît comme complexe sous les différentes gouvernances successives ancrées solidement dans le néolibéralisme. Ainsi, les lois posent des bornes là où le libertarien souhaite la dérégulation totale et l’absence de toute ingérence de l’Etat dans les affaires privées.

Ainsi, dans de nombreux endroits au sein de l’espace public, la publicité est devenue une source d’agression visuelle. En effet, la neutralité en son sein demande une autre approche. La privatisation de l’espace public sous forme de concession pose également « la concurrence libre et non-faussée ». Dès lors, il apparaît que faute de pouvoir créer un véritable espace propice aux « libertés économiques », nous entrons dès lors dans un capitalisme de connivence qui attribue des parts de marché aux différentes entreprises sur des périodes plus ou moins longues. De ce fait, là où le capitalisme ne peut suivre les différentes règles fondamentales du « business » alors l’Etat se doit d’être un intervenant majeur. Adam Smith, vu comme le père du capitalisme moderne, pensait justement que là où la concurrence ne peut être mise en place alors cela relevait du service public. Pourtant un service public lié à la publicité, cela ferait sourire. Mais il semble nécessaire de voir que faute d’éléments permettant de mettre en œuvre ces derniers alors la nécessité de supprimer intégralement la publicité de l’espace privé devient une notion fondamentale.

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