À Gezi, la répression ottomane continue

À Gezi, la répression ottomane continue

À Gezi et sur la place Taksim, le mouvement d’occupation a fait émerger une contestation de fond contre le régime islamiste et néolibéral de Recep Tayyip Erdogan. En voulant construire un centre commercial avec une architecture ottomane, le président turc a fait converger les opposants aux GP2I (Grands Projets Inutiles Imposés) entre eux. Erdogan s’éloigne de l’Europe, ses opposants convergent, une simple question de dialectique. L’un est conservateur et passéiste, les autres sont progressistes et ouverts vers le futur.

Les pro-Erdogan voyaient dans ce mouvement une vision kémaliste et laïque, une simple question de paranoïa venant des ténors islamistes au pouvoir. Même, si le mouvement est laïc en opposition à l’Islam politique de l’AKP, les diatribes au nom du « kémalisme » relèvent plus de la paranoïa du chef des Islamistes turcs. On comprend d’ailleurs la répression sans faille, puisque ancré dans une logique entièrement complotiste, il y était affirmé une révolte petite-bourgeoise et bourgeoise contre la société islamique et ottomane de Erdogan. Alors que la bourgeoisie islamiste écrase sans pitié sans les classes populaires et le prolétariat au nom d’une société qu’ils rêvent et espèrent refaire vivre.

La volonté de détruire le parc de Gezi avait pour objectif la reconstruction de la caserne Taksim, un bâtiment historique démoli en 1940 devant accueillir un centre commercial. L’ancienne caserne de Taksim avait été construite en 1806 sous le règne du sultan ottoman Selim III. Erdogan n’a toujours pas compris que Constantinople n’existe plus comme l’empire Ottoman. Erdogan se croit encore au XIXème siècle. Le 28 mai 2013, les forces de l’ordre attaquaient violemment les militants écologistes sous l’œil du Calife. La répression féroce s’inscrit dans la mégalomanie du régime.

Les supporters des quatre grands clubs turcs (Galatasaray, Fenerbahçe, Beşiktaş, Trabzonspor) ont appelé à soutenir le mouvement de contestation de manière collective, alors que les relations entre les « fans » de ces clubs sont compliquées.

La réponse du nouveau Sultan de Turquie s’inscrit dans les pas martiaux : « quoi que vous fassiez, nous avons pris notre décision, et nous la réaliserons ». Le dictateur turc fera son projet mégalomane à Gezi. La Turquie voulue par Erdogan, il ne manque plus que la mise en application de loi Islamique comme il en existe en Iran, en Arabie Saoudite ou encore en Mauritanie. Les références sans cesse ottomane du Président le poussent à s’opposer de plus en plus à la notion de « République » qui fait la Turquie. Il faut dire qu’il fait un choix entre l’empire et la république, l’islamisme à la laïcité. Le 2 juin, Erdogan qualifiait les contestataires de « çapulcular » (pillards et fainéants). La vision bourgeoise de base, pendant que la Turquie profonde du Président pille les opposants, viole, égorge, décapite en toute liberté. Les « çapulcular » d’Erdogan auront assassiné six opposants au nom du Sultan tout-puissant.

0:00
0:00