Quelles choix adoptés concernant les vaincus dans un processus révolutionnaire?

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Au lendemain du triomphe de la Révolution, des choix importants seront à mettre en place pour continuer le processus révolutionnaire. En effet, une révolution ne s’arrête pas au simple renversement du régime bourgeois auquel nous sommes confrontés. Elle continue sous d’autres formes. Mais avant de transformer complètement la société dans l’idéal que nous souhaitons tous, il est important de traiter de manière efficace l’attitude que nous devons avoir concernant les leaders des partis bourgeois et des chefs des forces d’état (Police et Armée), les hauts fonctionnaires et tous les responsables politiques ayant eu une interaction avec les forces du capitalisme. Ce sont toujours les premières mesures qui permettent la poursuite du processus révolutionnaire.

Le processus révolutionnaire doit toutefois être contrôlé afin de canaliser l’énergie des masses dans une direction précise. En effet, l’éparpillement de la lutte nuit gravement au processus révolutionnaire et profite aux partisans du capitalisme. Pour cela, il convient de suivre les directives des délégués élus par suffrage universel direct par les révolutionnaires en vue de les représenter. L’organisation exige l’élévation vers le haut afin de mieux coordonner la lutte mais elle implique de nouvelles méthodes dont le mot directeur est une citation de Lénine : “La confiance n’empêche pas le contrôle“. Pour autant il faut interpréter d’une façon bien particulière cette citation, en admettant ainsi que s’il y a élévation vers le haut alors il est du devoir des citoyens de contrôler et de remettre en cause de manière régulière leurs délégués. Il est essentiel dans la prise des décisions de condamner toute forme de bureaucratie et de ne pas tomber dans le jeu des technocrates. La seule cause est le peuple, donc la gestion doit être réalisée par des personnes du peuple dont la vie s’intègre à celle du peuple. La délégation du pouvoir est une notion majeure touchant l’extrême gauche : le communisme et l’anarchisme. La particularité de la délégation réside dans les mandats qui sont impératifs et révocables. Les mandats doivent être considérés  comme des contrats entre le délégué élu et le peuple qui l’a élu. Le délégué n’a qu’une marge de manœuvre réduite puisqu’il ne représente que la voix du peuple. Il ne peut s’en écarter sans commettre un acte de trahison. Ces actes  sont d’ailleurs répandus dans les sociétés capitalistes, où les élus ne parlent qu’avec la langue de bois, qui est une langue internationale.

Mais derrière la délégation des pouvoirs législatifs et exécutifs, il y a une vision à adopter concernant l’ennemi et ses alliés. En effet, tant que les responsables politiques du Capitalisme n’auront pas été jugés par le peuple alors il n’y aura pas de justice.

La Méthode employée par Nelson Mandela pour mettre fin à l’apartheid et ressouder le peuple Sud-Africain en supprimant la ségrégation à l’égard des personnes de couleur, cette Méthode est intéressante mais ne peut être utilisée dans notre cas. Même si au-delà des couleurs, il y a réellement une division de classes en Afrique du Sud. Il ne peut y avoir une procédure de réconciliation avec la bourgeoisie et les forces du capitalisme tant que le processus révolutionnaire n’est pas terminé. En effet, la réconciliation risque  de renverser le régime mis en place par le peuple c’est-à-dire la suppression de l’ordre constitutionnel. Cette démarche, dans le cadre d’un coup d’état populaire, doit être balayée.
Il est néanmoins important à long terme, de noter que le concept est plausible et peut être adopté.

La justice, nous en parlons très régulièrement, mais soyons réaliste, le système judiciaire des régimes pré-révolutionnaires ne peut en aucun cas juger de manière durable et impartiale les responsables capitalistes. Evidemment, faire partie de l’ordre judiciaire implique tôt ou tard d’être mêlé à la société bourgeoise. Toutefois il y a quelques exceptions comme Lénine qui était avocat. Face à ce risque de dérive, il est important de créer enfin une vraie justice populaire : une justice par le peuple et une justice pour le peuple. La justice pourra enfin juger au nom du peuple. La démocratisation de la justice est une pierre angulaire dans le processus révolutionnaire. Qui mieux que le peuple peut juger les faits contre le peuple? Ainsi les tribunaux changeront progressivement pour juger les délinquants et criminels capitalistes.

De fait, les vaincus ayant exercé des sévices corporels sur les citoyens de la société devront subir des peines proportionnelles à leurs actes. Il ne s’agit surtout pas de clamer haut et fort qu’il faut un jugement démagogique quand le peuple prend le pouvoir. Il faut éviter un mouvement de vengeance dans la société contre les anciens qui étaient au pouvoir, nous réclamons des sanctions financières, des peines d’emprisonnement voir des incarcérations à vie contre ceux qui ont martyrisé le peuple à des fins capitalistes.

Dans la guerre tripartite opposant les Blancs d’Anton Dénikine, les Rouges de Léon Trotsky et les Noirs de Nestor Makhno, les makhnovistes ont pris soin de différencier les chefs militaires et politiques des partisans exploités par les leaders politiques. La lutte contre l’oppresseur de la Makhnovchtchina se résume à son slogan : «Mort à tous ceux qui s’opposent à la liberté des travailleurs !». Par consequent, lors des actions de guérillas et combats armés classiques, le principe était de sanctionner les chefs militaires, dans la plupart du temps en les fusillant immédiatement. Cela nous amène au devoir d’établir un choix contre les vaincus sans pour autant en faire des martyrs comme certains aimeraient le faire. La lutte dans le raisonnement est de promouvoir la liberté vers le peuple et la faire comprendre par le peuple.

Comme nous l’avons cité au début dans un régime, qu’il soit autoritaire ou libertaire, il y a nécessairement une force armée. Evidemment les chefs de ces forces sont dans la majorité des sanguinaires et des personnes avides de pouvoir. De fait, il est necessaire de faire arrêter tous les chefs de ces forces afin de les placer devant la justice du peuple. Il est vrai que les outils juridiques seront grandement modifiés, puisque les textes actuels sont orientés dans une ligne de défense de la bourgeoisie et du capitalisme. Il est important que dans le travail de la justice, il y ait toujours un travail de réforme de l’état social. C’est évidemment ce type d’état que nous voulons.

La question fondamentale dépasse également le simple cadre des Droits de l’Homme face à ces criminels  qui n’ont pas hésité à torturer, à violer, à exécuter de manière indigne pour que le Capital financier soit toujours supérieur à l’être humain. Le non-respect des Droits de l’Homme est punissable à la base par le peuple, par des peines allant de la simple privation de droits civils à des peines d’emprisonnement allant jusqu’à la perpétuité. Précisons cependant que les droits fondamentaux des détenus doivent toujours être respectés. Les hauts fonctionnaires et les politiciens auront le choix de se soumettre à la nouvelle politique ou bien de suivre l’ancienne voie risquant de subir le jugement du peuple, afin de déterminer réellement leurs rôles dans la machine capitaliste.

Si l’on veut reconstruire une Démocratie digne de ce nom, et établir d’autres formes d’interaction entre les humains et la finance, il convient de condamner le système capitaliste, créateur de tant de crimes contre l’Humanité. Il suffit pour s’en convaincre de prendre pour exemple l’influence de l’Impérialisme d’Angela Merkel et le diktat de la CDU sur de nombreux pays d’Europe.
Nous devrons juger les vaincus mais aussi juger le système afin de l’intégrer dans un processus constituant qui est l’aboutissement du processus révolutionnaire.

Enfin pour conclure, si nous voulons vraiment atteindre une ligne directrice claire dans nos actions, nous devons nous projeter sur l’avenir, pour qu’enfin le peuple retrouve sa souveraineté et cela passe évidemment par un mode opératoire défini à l’avance contre le libéralisme et ses dérivés. La logique veut que nos paroles seront sûrement considérées comme fantaisistes, mais elles auront un impact réel sur le monde demain.

PLB

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