Le PS est-il encore de Gauche?

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« Le Discours de l’ illusion ne changera pas la réalité, le PS n’est pas socialiste »

Dans un contexte politique en mouvement constant, il n’est pas rare de voir des courants politiques changer d’idéologie. La doctrine idéologique n’échappe pas à ce mouvement et à l’adaptation du présent, mais aussi à une adaptation des idées uniformes.

Le Parti Socialiste est une adaptation de la SFIO (Section Française de l’International Ouvrière) lors du congrès d’Issy-les-Moulineaux 1969. Le but est tout d’abord de sortir de la doctrine du Marxisme, d’unir les forces réformistes et surtout de faire barrage au Parti Communiste Français qui lors de l’élection présidentielle de 1969 a fait un score de 21%.

En rédigeant l’article « débat à propos des listes PC/PS aux municipales en 2014 », je mettais en avant que le PC n’est pas du tout compatible avec le PS. En effet, les mesures adoptées par le PS sont trop proches de celles de l’UMP (groupe conservateur néolibéral).

Le libéralisme mange un peu plus chaque jour les doctrines idéologiques imposant un régime de notion radicale basée sur le libre-échange et l’autoritarisme. En 2013, nous vraiment nous poser la question suivante : le PS est-il de Gauche ?

Qu’est-ce que la gauche? A contrario qu’est-ce que la droite?

L’expression politique droite/gauche a son origine en Grande Bretagne. A la chambre des Communes, les sièges sont disposés en deux rangées face à face; la majorité gouvernementale (conservatrice ou travailliste selon la conjoncture) siège dans ceux  de droite, l’opposition sur ceux de gauche. C’est la concrétisation de la bipolarisation. Siéger à droite, en Angleterre,  implique seulement qu’on est le parti du gouvernement.

Dès 1789 à l’Assemblée Constituante (9 juillet 1789), les royalistes qui sont le parti du roi, donc du pouvoir en place, siègent à droite (selon l’usage britannique), les partisans du changement, de la révolution (quoi qu’ils mettent dans ce mot), siègent à gauche. Depuis et sans interruption, en France, la gauche est considérée de façon un peu simplificatrice comme le camp des idées de progrès, des changements, la droite comme celui des valeurs traditionnelles ou de l’ordre existant. Dans la Constituante les Noirs ou Aristocrates , les Monarchiens et les Constitutionnels tels La Fayette et Sieyès siègent à droite, les républicains siègent à gauche. Entre les deux, les indépendants, à l’extrême gauche, le groupe démocrate, partisan du suffrage universel (Robespierre, Pétion).

L’Assemblée ne siège pas dans une salle divisée en deux par une allée centrale comme en Angleterre mais dans un hémicycle où peuvent se matérialiser, sans être séparées comme en Angleterre, toutes les nuances de 1a représentation nationale: une gauche et une extrême gauche, une droite et une extrême droite et un ou plusieurs centres, disposition qui favorise le pluralisme qui s’inscrit dès lors dans la tradition politique de la France.

A l’Assemblée législative (1er Octobre 1791), sur les 745 députés, 264 se réclament du club des Feuillants et siègent à droite, 345 occupent le  centre, 136, pour la plupart du club breton, (plus tard appelé Jacobin) à gauche: Condorcet, Brissot (avec ses amis brissotins) et à l’extrême gauche : Couthon, Camot, Robespierre. Mais cette gauche de l’Assemblée législative est hétérogène et elle se scindera rapidement. Robespierre et Brissot sont déjà adversaires et les brissotins sous l’appellation de girondins siégeront à droite dans la Convention (21 septembre 1792). Quant aux députés jacobins les plus engagés dans le processus révolutionnaire ils portent le nom de Montagnards parce qu’ils siègent bien à gauche mais dans les travées supérieures, les travées inférieures étant occupées par le Marais. ( parmi les Montagnards Robespierre, Marat, Saint-Just et Danton ( fondateur du club des Cordeliers) qui sera accusé de corruption par le girondins, et qui à la tête des Indulgents  entrera en opposition (dès la fin 1793) avec le Comité de salut public et sera considéré comme suspect. Partisan de l’arrêt et même de l’abolition de nombreuses mesures révolutionnaires, il est aussi compromis par sa solidarité avec Fabre d’Églantine, coupable avéré “d’enrichissement personnel et d’usage de faux”  dans la liquidation de la Compagnie des Indes. Danton sera attaqué par la fraction la plus avancée de la Montagne, et Robespierre, après avoir hésité, fera traduire ce compagnon de luttes, nullement incorruptible, lui, devant le tribunal révolutionnaire.

Dans les quelque cinq années de la Révolution (de la prise de la Bastille au 9 thermidor), se sont fondées nos traditions politiques, et même l’organisation en partis qui ne portaient pas ce nom. Les révolutionnaires n’en voulaient pas, ils pensaient qu’ils auraient été un facteur de division de la nation “une et indivisible”. Cependant ils existent en germe dans les clubs. Jacobins, Cordeliers, Feuillants… et dans les cercles qui prolifèrent.

Traditionnellement, les valeurs suivantes sont considérées comme étant caractéristiques de la gauche: l’égalitarisme, la fraternité, la solidarité, le progrès, l’insoumission et des politiques ouvrières et populaires ; par opposition, les valeurs suivantes sont généralement considérées comme étant de droite : l’autorité, l’identité nationale, l’ordre social, la sécurité, le conservatisme, la tradition, la domination du patronat.

Le libéralisme et la gauche

Face au protectionnisme, une certaine manière de développement du pays basé sur les ressources du pays, une nouvelle classe se met en avant favorisant change le discours de l’époque. Économiste, Hommes d’Affaires, Politiques, tous soulignent l’importance du libre-échange. Karl-Marx va jusqu’à écrire un article « Discours sur le libre-échange » en 1848. Deux pensées bourgeoises s’affrontaient : les protectionnistes et les libéraux. La seconde fut largement défendue par ce que l’on pourrait considérer comme les mouvements de gauche, sur le principe que le libre-échange en théorie accroît le pouvoir des travailleurs et permet une meilleure distribution des richesses. Aussi le libre-échange s’oppose avec une ancienne société qui était composée de l’aristocratie.

A l’époque le libéralisme est considérée comme un concept de gauche, mais avec le temps il est positionné comme un concept de droite. C’est l’évolution historique des concepts.

Marx citait à propos du libre-échange :

« Nous avons fait voir ce que c’est que la fraternité que le libre-échange fait naître entre les différentes classes d’une seule et même nation. La fraternité que le libre-échange établirait entre les différentes nations de la terre ne serait guère plus fraternelle. Désigner par le nom de fraternité universelle l’exploitation à son état cosmopolite, c’est une idée qui ne pouvait prendre origine que dans le sein de la bourgeoisie. »

Or, de nos jours, le libéralisme a suivi sa propre évolution se transformant en deux courants plus dure, mais aussi plus adaptés aux besoins des marchés : le néolibéralisme et l’ultralibéralisme. Ces deux formes dérivées du libéralisme ont pour autant plein pied dans l’idéal de la droite.

En effet, les concepts des deux mouvements libéraux nés dans les années 70’s, sont inspirés par le tout privatiser, pour rendre l’état comme une personne nue. Elle tourne essentiellement autours des classes bourgeoises, qui grâce à des mécanismes bien ficelés sont de plus en plus riche. Il prône la dictature de l’inégalité sociale, en assumant que l’état doit appartenir aux bourgeois qui détiennent les capitaux et la propriété privée. Au Chili, Pinochet a paupérisé sa population au nom d’un certain développement. Ce qui a permis de voir un état dérivé, mais aussi devenir les marionnettes des grandes sociétés, qui étaient au final les dirigeants d’un pays. L’état, dans le néo-libéralisme est également fait pour être une forme d’oppression. Il n’y a pas de libéralisme sans autoritarisme.

Aussi, les formes nouvelles du libéralisme ont trouvé des liens très étranges avec la défense de « la souveraineté nationale ». En effet, certaines personnes admettent que les intérêts nationaux sont la privatisation de l’état, dans le but de transformer un état souverain de ses décisions vers un état où les décisions souveraines reviennent aux grandes entreprises. Les privatisations sont une souveraineté, car elles permettent à l’état de dépenser moins, de dépendre moins, mais aussi permet aux consommateurs de payer plus, plus des services qui sont souvent inférieurs. La destruction de l’état social, pour un état solide militaire est un amour pour ceux qui défendent l’état. Il faut le rappeler ces gens-là, au nom du nationalisme, on détruit l’état, mais on défend l’identité qui a construit cet état, autrement dit, ils défendent l’idéologie de l’hypocrisie.

Le libéralisme de « gauche », ces dernières années s’est accentué sur des valeurs très particulières. Papandréou, Barroso, Zapatéro, Schröder, etc. , sont considérés comme des socialistes et des hommes de gauche. Une gauche basée sur un socle en béton armé des idéologies et des dogmes de droite et d’extrême-droite. Le social-néolibéralisme est en marche, pour une politique de droite, des valeurs de droite, un concept de droite, mais une étiquette de gauche.

En ce qui concerne Gerhard Schröder, il est intéressant de voir que le dernier article du Monde Diplomatique a intitulé son analyse : « En Allemagne les patrons votent à droite mais remercient la gauche ». Il est clairement démontré que la fusion entre les politiques de droite et de gauche se fusionnent.

Un mouvement patronal

Alors que les intérêts des patronats sont de plus en plus grands continuant ainsi, une courbe des profits toujours plus importante, bénéficiant toujours un peu plus d’une législation patronale basée sur la compétitivité c’est-à-dire sur la précarité des travailleurs. Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault n’a pas hésité à prostituer l’idéologie socialiste en faveur de ceux qui payent de moins en moins d’impôts ces vingt dernières années. L’augmentation du coût du capital et la baisse des cotisations sociales a suivi la grande idéologie comme quoi les travailleurs coûtaient chères. En France, « le coût du travail » (appelée cotisation sociale) représente environ 100 Milliards d’euros, « le coût du capital » représente environ plus de 300 milliards d’euros. Ce sont ces sommes du capital que l’axe Gattaz-Moscovici souhaitent augmenter pour l’intérêt du travailleur, car la précarisation, c’est le travail. Avec l’ANI et le CICE, le PS a offert la France au patronat qui est le seul responsable de la crise financière.

Ensuite le MEDEF et le PS se posent comme les défenseurs du travail en France, le travail pour mieux licencier, pour mieux que le patronat utilise les salariés comme les esclaves modernes. Le PS a renié son histoire. Le socialisme, ce n’est pas faire le jeu des goinfres capitalistes. Lors de l’université d’état Gattaz a pleuré que le Cac 40 soit au plus haut, il veut toujours plus. Il s’est aussi plein de l’augmentation des prélèvement des impôts, alors que les entreprises du Cac 40 sont les entreprises qui payent le moins d’impôts. Gattaz défend l’intérêt du haut patronat avec une attitude de scorpion. Il est mieux de ne rien dire au PME ou TPE que Total ne paye pas d’impôt puisqu’il ne font que 30 milliards de bénéfice par an, ils arrivent même à supprimer des emplois. Moscovici dans son attitude de conseil du patronat a réellement zappé que le patronat est le premier destructeur des emplois comme à Virgin.

Le MEDEF a félicité le PS de la mise en place CICE, qui leur donne 20 milliards dans leur caisse, c’est normal, mais ces 20 milliards n’iront pas dans les caisses du peuple, qui est en train de souffrir de l’asphyxie patronale. Le rêve du MEDEF serait que l’état donne au patronat l’équivalent des cotisations sociales, pour que les salariés payent tous. Revenir au Moyen-Age en gros.

Le socialisme patronale est vraiment abstrait, car en défendant le droit du patronat, il détruise vraiment les droits des travailleurs, le droit du travail, continue dans l’axe que François Fillon avait mis en place.

Lorsque la SFIO (ancêtre du PS) et ses alliés mettent en place  les congés payés, la nationalisation des chemins de fer, la réduction du temps de travail, ils ont contenu le patronat en réalisant une vrai réforme d’ampleur encore visible de nos jours. Le mouvement était d’une certaine façon proche des ouvriers.

Avec la réforme des retraites qui tombent dans l’exclusivité du patronat, on se demande vraiment si le PS est conscient qu’il est en train de rater son virage à gauche. Le virage à droite est dangereux.

Solférinien ou socialiste?

Léon Blum (pour rester dans un contexte socialiste-réformiste) disait :

De quoi est né le socialisme ? De la révolte de tous ces sentiments blessés par la vie, méconnus par la société. Le socialisme est né de la conscience de l’égalité humaine.

La citation est claire, elle pose le principe de l’égalitarisme au niveau des droits, mais aussi le fait que la conscience humaine doit être omniprésente. La conscience du patronat comme nous l’avons cité du plus c’est la conscience de ceux qui exploiteront le mieux. Vouloir soutenir le patronat c’est vouloir soutenir la paupérisation des classes populaires. C’est aussi assumer que l’UMP et le PS c’est la même chose, c’est également faire le jeu de la politique de l’extrême droite (FN et consort).

Or comme le PS n’a de socialiste que le nom. Il est important d’assumer que le PS, n’est plus un mouvement de gauche, et que par conséquent, s’il n’est plus de gauche, il est important de faire tomber le terme socialiste de son nom afin de ne pas faire tâche, à l’ensemble des partis et mouvements politiques de gauche.

Le Parti Solférinien doit être cité, doit être mis en avant comme un parti de centre-droite. Au rythme où les réformes antisociales se font, et qu’elles se multiplient, il est important de diviser le PS, et de le ranger dans une autre classe politique.

De plus cette division est stratégique pour l’ensemble des mouvements de gauche, car l’extrême droite, ne pourra plus dire que « la gauche et la droite », c’est la même chose. Non, ce n’est pas la même chose, dire que « le PS et l’UMP c’est la même chose », est effectivement vrai, mais à la différence, c’est qu’entre un mouvement de droite, et un mouvement de droite il n’y a pas ou peu de différence.

Pour terminer au niveau de l’article je vous propose une citation de Lénine qui caractérise bien l’attitude que nous devons avoir face au PS :

La victoire du prolétariat révolutionnaire est impossible si on ne lutte pas contre ce mal, si on ne dénonce pas, si on ne flétrit pas, si on ne chasse pas les chefs opportunistes social-traîtres.

PLB

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