On est déjà entré en déficit écologique

6910993-10565669On vit à crédit, c’est une chose tout à fait normale dans un monde capitaliste. Non, ce n’est pas un crédit bancaire, mais d’un crédit écologique dont je parle. Nous produisons trop, par rapport à notre besoin réel. Or, la terre n’est plus en mesure de produire ce que nous consommons et de faire le crédit écologique que nous lui demandons chaque année et qui  s’est petit à petit transformé en une dette écologique. Mais, voilà le déficit écologique n’est pas une bonne nouvelle tout en n’étant pas une notion nouvelle sortie de nulle part. Les grands médias capitalistes peuvent s’alarmer, ils ont raison, mais s’alarmer en ne voulant pas changer notre manière de vivre, c’est comme l’arbre qui cache la forêt.

En effet, le déficit écologique est la résultante de nos méthodes de production. Nous produisons pour produire, nous consommons pour consommer sans nous rendre comptes de nos réels besoins élémentaires. La logique du « produire plus pour consommer plus » nous envoie dans les méandres d’un néolibéralisme fou dont la constante tend à affirmer que seule la production permet de relancer la croissance c’est-à-dire le pouvoir d’achat d’où la logique de baisse des cotisations sociales pour les entreprises. Or, la quasi totalité des ressources sont limitées et donc bornées. La loi de l’offre et de la demande fera que ces ressources augmenteront de plus en plus sans forcément se soucier des impacts que cette ressource peut avoir sur la nature. Mais, il n’est pas nouveau de se rendre compte du fait que dès que nous mettons en parallèle la crise systémique du capitalisme sous sa forme : financière, sur la dette, sur la déflation et la crise écologique : baisse des ressources disponibles, déficit écologique, pollution aggravée, continent de plastique en mer. De ce fait, les vieilles méthodes de production ne sont plus du tout adaptées et n’ont jamais été adaptées à notre planète qui est, quoi qu’on en dise, notre bien commun et de fait c’est à nous de la protéger.

Aujourd’hui, le discours capitaliste tend à diminuer sans cesse le déficit budgétaire ou déficit public comme une obligation pour relance de l’économie. Or, si le déficit public peut baisser, le déficit écologique ne baissera pas, il augmentera de plus en plus avec les risques qu’il crée pour l’être humain. Pourtant, l’écologie n’intéresse pas ou très peu les capitalistes car elle permet de poser des question essentielles sur nos modes de vie et donc du Capitalisme en lui-même. Le déficit écologique lorsqu’il augmente et qu’il recule dans l’année augmente la production des matières premières, donc à terme s’il n’y a plus de matière première, il n’y aura plus de croissance et donc le déficit budgétaire augmentera de manière sévère.

Le recyclage des déchets dans l’idéal devrait se faire à l’infini. Les plastiques et les métaux peuvent avoir de nouvelles vies, sachant que ce sont en grande partie, eux les véritables éléments à l’origine de cette crise et de cette pénurie. Or, le capitalisme utilise la technique de la surproduction afin que la production soit logiquement supérieure à la consommation laissant de facto un gâchis particulièrement inutile. Aussi la surconsommation est un facteur de surexploitation et de surproduction des ressources naturelles, pas, peu, difficilement, dangereusement ou lentement renouvelables. Le retour au rationalisme s’impose, mais cela passe par l’égocentrisme des personnes. La consommation n’a jamais fait le bonheur de la personne.

Les capitalistes parlent sans cesse du pouvoir d’achat arguant que le pouvoir de consommer permettrait aux personnes de mieux vivre et donc de subvenir le plus à leurs besoins. Or, la logique même du pouvoir d’achat s’inscrit dans la poursuite de la société de consommation et de la surconsommation. Les gens veulent vivre mieux et plus dignement sans avoir besoin de survivre avant la fin du mois. Les capitalistes de part les richesses qu’ils s’accaparent tentent de trouver des remèdes pour pallier au fait qu’ils sont de plus en riches et que logiquement, les pauvres sont de plus en pauvres. Or, pour oublier la revendication de l’augmentation des salaires, les capitalistes ont poussé les personnes vers la société industrielle de consommation dirigée afin d’éviter d’être confrontés au vrai problème qui nous rencontrons autours de nous. Dans ma démarche, il ne s’agit pas de culpabiliser le consommateur, même si la consommation de certaines personnes (tous ne le sont pas, je ne fais pas d’amalgame) est particulièrement déraisonnable. Il en sort de fait une logique particulièrement inhumaine que représente la société de consommation, ainsi le désir frénétique d’acheter des biens s’inscrit dans cette logique. Les soldes en représentent la plus grande illustration. Or, il serait quasi nul et se limiterait comme je le rappelle plus haut si chacun se limitait aux besoins essentiels.

La durée des produits est de plus en plus baissé ce qui introduit, une augmentation de la consommation pour pouvoir avoir le même produit sur le long terme. Aussi, au niveau des investissements de chacun, une logique devrait être essentielle, mieux vaut acheter des produits de bonne qualité quitte à mettre plus qui vont durer plus longtemps que des produits premier prix dont la durée de vie est faible et de fait il faudra les changer plus longtemps et donc entrainer une surproduction.

Le socialisme (loin de certains groupes qui se revendiquent encore mais qui font une politique de droite réactionnaire) tout comme le communisme ont besoin de l’écologie pour avancer un changement réel de notre société vers un monde meilleur. Le capitalisme vert n’existe pas et y penser est en soi une absurdité. Il n’y a pas de croissance verte aussi écarlate qu’elle soit.

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