Cette Gauche (en réalité la droite) Passéiste au pouvoir

388589_le-ministre-de-l-interieur-manuel-valls-le-25-aout-2012-a-la-rochelle-lors-des-universites-d-ete-du-parti-socialisteValls a déclaré dans une interview au nouvel obs : “Il faut en finir avec la gauche passéiste, celle qui s’attache à un passé révolu et nostalgique, hantée par le surmoi marxiste et par le souvenir des Trente Glorieuses. La seule question qui vaille, c’est comment orienter la modernité pour accélérer l’émancipation des individus“. La question que je me pose, c’est à quoi fait référence Valls au sujet de “la gauche passéiste” ? La gauche passéiste NE serait-elle pas la gauche au pouvoir animée par Manuel Valls ? Les soucis marxiens de Manuel Valls sont omniprésents, le petit ami des patrons a compris la lutte des classes, mais s’est positionné du côté du patronat et des financiers qui spéculent sur notre vie.

La première crise du pétrole a particulièrement changé l’approche économique et modifié la doctrine dominante, passant du Keynésianisme à la doctrine néoclassique, du libéralisme au néolibéralisme. Le dogme néoclassique change profondément la société et l’aspire vers le bas, mais surtout on se rend compte que cette doctrine ne fonctionne pas. Valls affirmait qu’il aimait l’entreprise, mais comme le rappelle Gaël Giraud dans une interview : “L’économie néoclassique ne connaît à peu près rien de l’entreprise !“, puis en rajoutant “Elle en est alors réduite à la tentative vaine, désespérée de prendre les marchés « par surprise », par ruse ou  par mensonge. Cette idée, issue du monde néoclassique, est profondément anti-démocratique puisqu’elle revient à nier toute légitimité à la volonté populaire[1].  Dans ce cadre-là, le projet TAFTA est la plus grande démonstration de cette démocratie qu’ils (Valls et les néolibéraux) veulent piétiner avec leurs amis. Or, la vision de Manuel Valls s’inspire des politiques de Schröder (Loi Hartz I à IV), de Tony Blair mais surtout des idées de l’école de Chicago dont la première expérience s’est réalisée au Chili et en Angleterre sous Thatcher.

L’idée propulsée par Manuel Valls est une idée du passé. Allons encore plus loin à propos de la seconde partie de la citation de Manuel Valls qui n’est autre qu’une référence propre d’une citation de Thatcher : Je n’ai jamais oublié que l’objectif inavoué du socialisme – municipal ou national – était d’accroître la dépendance. La pauvreté n’était pas seulement le sol nourricier du socialisme : elle en était l’effet délibérément recherché” [2]. Dans la logique néolibérale, la dépendance va à l’encontre de l’émancipation des individus. Quoi qu’il en soit, Manuel Valls est un homme politique qui se réclame de gauche “moderniste”, mais fait une politique stricto sensu de droite (je l’ai développé à plusieurs reprise sur mon blog).

Aussi, puisque la politique appliquée par Manuel Valls est celle du dogme de l’Europe, il convient d’affirmer que la politique entre dans une véritable impasse dont les résultats sont particulièrement mauvais que ce soit en Espagne, en Italie, au Portugal, etc. Alors la gauche moderne serait la gauche qui met en place des plans et une politique qui ne fonctionne pas et donc les conséquences se résument à une véritable paupérisation et précarisation de la société. Au lieu d’émanciper les peuples, la gauche au pouvoir les a rendus dépendants. En réalité, les vieux partis de la Seconde Internationale n’ont pas de programme moderne, ils radotent les faux-remèdes de la finance, révolus à certains passés.


[1]  Source : http://www.mediapart.fr/journal/economie/071014/gael-giraud-keen-nous-sort-de-lorniere?page_article=1

[2] 10 Downing Street, Mémoires (1993), Margaret Thatcher, éd. Albin Michel, 1993, p. 530

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