La Grèce doit faire défaut sur la BCE et le FMI

Yanis VaroufakisL’orthodoxie libérale de la Troïka ainsi que de différents ministres comme le xénophobe et impérialiste Wolfgang Schäuble (pour ne pas dire que c’est un nationaliste allemand) continue à prôner les réformes toujours plus libérales contre un prêt pour rembourser à nouveau les créanciers.

Autrement dit; la dernière tranche “d’aide” clôt cette spirale infernale où la “socialisation des pertes” des créanciers a été l’un des dogmes fondateurs de l’austérité. Ce dogme a fonctionné à plein régime sur le dos des travailleurs.

Pourtant, l’élection de Syriza a changé la donne. Nous sommes dans une controverse néoclassique d’une importance sans égale comparée à celle de la fin des années 20.

Le 20 mai, le porte-parole du gouvernement hellénique a lancé un ultimatum aux créanciers. Faute d’accord avec ces derniers, la Grèce ne remboursera pas 302 millions d’euros qu’elle doit rembourser au FMI le 5 juin. La crise “grecque” prend un autre tournant.

Yanis Varoufakis est tellement droit dans ses pompes dans les négociations que le journal bourgeois Le Monde (11/05/2015) titrait : “l’exaspérant Monsieur Varoufakis”. En effet, l’attente des dividendes commence à presser, c’est pour cela que la presse dominante s’emballe mettant de côté la déontologie et le journalisme.

La Tribune (18/05/2015) donnait quelques chiffres sur la somme à rembourser par la République Hellénique “outre les 1,5 milliard d’euros dus au FMI en juin, la Grèce devra rembourser jusqu’au mois d’octobre 8,4 milliards d’euros, dont 6,7 milliards d’euros à la BCE.”

Ainsi, si la dernière tranche d’aide ne sera pas perçue par la Troïka à la République Héllenique, les créanciers sont menacés. Le nœud risque fortement de se transformer violemment en plusieurs pendaisons. “Les créanciers et la bureaucratie orthodoxe ont joué, ils ont perdu, c’est la règle du jeu, la vie continue” comme on pourrait dire en référence au fameux discours de Thomas Sankara sur la dette.

“Quand tu dois 3 000 euros à ton banquier, c’est toi qui as un problème, mais quand tu dois 3 millions ou 8.2 Mds d’euros à ton banquier, c’est lui qui aura un problème”. De plus, le risque de défaut de paiement terrorise les créanciers. Pourtant, ce défaut de paiement n’est pas un risque pour le pays puisque ce dernier à excédent primitif. Ainsi en refusant 8.2 Mds d’euros aux différentes instances orthodoxes, Tsipras peut à tous moment passer en statut de force. Loin sans faute, c’est bel et bien lu qui mène les négociations, et c’est bel et bien lui qui mène les pions petit à petit.

De plus, l’Assouplissement Quantitatif de la BCE d’une valeur de près de 1.140 Mds d’euros Mds a été applaudi par beaucoup de monde dans la finance. Il s’agit du ” programme de rachat de dette du secteur public  ” (Public Sector Purchase programme ou PSPP). On ne peut être plus claire. La BCE est capable de racheter 1140 Mds d’euros, mais ne peut pas prendre en charge la dette grecque, voilà l’hypocrisie principale. Pourtant, les 1140 Mds d’euros versés par la BCE sur les marchés financiers se transformeront en profits immédiats, gonflant à nouveau les bulles sur le point de s’écrouler. D’ailleurs, de manière comptable chacun sait que les profits n’entraînent en aucun cas des investissements, mais uniquement des dividendes.

La question monétaire apparait également essentielle, le défaut pour accorder de la liquidité aux banques poussera Syriza a créer une monnaie en urgence sortant de facto de la monnaie unique vers une monnaie commune ou nationale.

Mais pour faire défaut au nez et à la barbe des orthodoxes, cela demande un certain courage. Mais la question du référendum peut être intéressante, car la démocratie et l’orthodoxie libérale n’a jamais fait bon ménage. C’est ce qu’à souvent répété Hayek et Friedman quand ils étaient en vie. Lundi soir, Yanis Varoufakis avait prévenu qu’il préférait “faire défaut sur le FMI que sur les retraites et les salaires”.

D’autant que l’orthodoxie libérale devrait le savoir, nous n’avons point dépassé le stade de la crise, The Big One n’est toujours pas arrivé. Cette dernière sera d’une autre ampleur pour les pays qui se sont soumis aux lois des marchés financiers.

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