La crise arrive

CAC40, source : La Tribune
CAC40, source : La Tribune

En six jours, le principal indice boursier français a perdu près de 8% de sa valeur même si elle connaît des bonds temporaires sur de très courte période, symbole d’une crise.

La crise financière en Europe est de retour

7 ans après la crise des subprimes et les crises qui lui sont liées (crise bancaire, crise de la dette souveraine) par effet domino, le CAC40 est entré de nouveau dans une nouvelle crise systémique. L’autorégulation des marchés financiers est un mécanisme propre de la finance. Dans une économie néoclassique avec une concurrence libre et non faussée, la maximisation des profits et la libre entreprise, la théorie affirme qu’il n’y a pas de crise. Les économistes néoclassiques l’ont d’ailleurs démontré de manière mathématique. Pourtant, le néolibéralisme n’étant qu’une chimère. La théorie néoclassique a d’ailleurs été déconstruite par Steeve Keen dans l’imposture économique.

D’une part, la rupture claire entre l’économie réelle et l’économie financière se mesure de manière assez significative pointant le doigt sur la spéculation. Alors que la croissance du PIB est inférieure à 1 % par an, le CAC40 augmente de 18%. La déconnexion de la finance de l’économie réelle est de plus en plus présente créant de ce fait une distorsion de l’économie financière. La finance est alimentée par les différents plans d’aides : CICE, Pacte de Responsabilité, Quantitative Easing, etc. C’est ce que Thomas Piketty appelle r>g (le taux de rémunération du capital est supérieur à la croissance). Il s’agit d’un premier signal de l’effondrement cyclique sur fond de crise de la dette souveraine.

La dette grecque en pourcentage du PIB

D’autre part, la crainte du défaut de paiement de la part de la République Hellénique d’après différentes théories entraînerait la banqueroute du pays du pays avec un effet domino. Toutefois, loin sans faute, les accusations régulières contre la Grèce concernant la Grèce sont totalement dépassées, puisque les ultra-orthodoxes et les intégristes ont repoussé pendant 5 ans le défaut de paiement afin de soutenir les actionnaires, les banquiers, et les rentiers, tout en repoussant le mécanisme, mais celui-ci ne l’empêchera pas de se réaliser. Nous assistons à l’amateurisme le plus complet de la Troïka et les médiacrates européens.

Le Défaut de Paiement

CDS-5A GRECE, source : boursorama
CDS-5A GRECE, source : boursorama

Le défaut de paiement et la banqueroute ne sont pas les facteurs à l’origine de la nouvelle crise financière. En effet, le Quantitative Easing de la BCE était le signalement du renflouement du marché secondaire des titres de dette. De plus, la finance a tout prévu, le marché des CDS (Crédit Default Swaps) connaît également une véritable spéculation, ces derniers ont pris une valeur de près de 830% ces derniers mois. Quant à la fluctuation des actions sur les marchés financiers, elles trouvent de fait de moins en moins d’acquéreur créant ainsi une situation de stagnation amenant à la rupture. La stagnation est un signe de l’exigence d’une bulle spéculative. 8 ans après, nous sommes dans la même logique que la crise des subprimes.

D’autant que la dette grecque a pour responsabilité : le FMI, la BCE, les banques, les marchés financiers, les plus aisés. La situation de panique bancaire en cours est l’œuvre de la technocratie financière des institutions soutenue par de nombreux groupe de presse industrielle. “La situation commence à devenir dangereuse. Les retraits des banques grecques s’accélèrent et la réunion de jeudi ne va pas rassurer les épargnants grecs”, expliquent Les Echos. Après 5 années de souffrance, les grecs préfèrent retirer pour survivre. Hypocritement, le ministre nationaliste et xénophobe allemand, Wolfgang Schäuble affirme qu’il “nous faut des propositions, sinon de quoi allons nous parler ?”. Le défaut est nécessaire, car la technocratie ne veut pas voir et est aveugle de fait. Dans l’exemple présent, Schäuble passe son temps à alimenter de déversement haineux et populiste pour s’y ranger derrière et d’éviter toutes discussions réelles avec Syriza.

Pour obtenir le versement des 7,2 milliards d’euros suspendu depuis l’été dernier, un compromis est nécessaire. Mais le mot “compromis” nécessite un accord entre deux parties et non la soumission d’une partie sur l’autre comme le voudrait le journaliste Putschiste Arnaud Le Parmentier, responsable du journal de droite : Le Monde.

Les banques européennes ont étranglé le budget grec en prêtant à des taux largement supérieurs à ceux du marché, dans une spirale infernale, sans que les grands argentiers remettent ce système criminel en cause. Certains états européens, les banques, FMI, ont laissé et surtout permis les capitaux de sortir librement de Grèce, empêchant toute possibilité d’investissement dans l’économie réelle, mais aussi de permettre à la consommation de se maintenir. Un nouveau cercle se creuse.

La demande intérieure a ainsi diminué de 53 milliards entre 2009 et 2013. Alors qu’en 5 ans, la Grèce a réussi à diminuer de 13,5% son solde budgétaire contrairement aux autres pays. Ce ne sont pas les positions du gouvernement Tsipras qui posent problème, ce sont les règles européennes et la rapacité du monde de la finance.

Vive la Crise !

Toutefois, en matière de sang, la panique annoncée par la presse dominante entraînent des signes de panique sur les marchés financiers et les indices boursiers. Toutefois, je peux dire que les économies libérales seront les premières touchées par ce Krach. La sphère économico-libérale fanfaronne concernant la reprise, mais “l’effet accordéon” (propre au libéralisme) risque de toucher en particulier l’Allemagne, le Royaume-Uni et les PIIGS.

La question du non-paiement des créances de la part des grecs met les “institutions” face au mur. Si les principaux signaux de l’effondrement du cours boursiers commencent à s’allumer, Alexis Tsipras si réformiste qu’il soit jouera un rôle de catalyseur dans cet effondrement. La bourse d’Athènes est très volatile et la fuite des capitaux se met en avant. Pourtant si les bourses s’effondrent, les premiers qui seront concernés ne sont pas les travailleurs, mais ceux qui possèdent des titres en bourses, c’est-à-dire les “actionnaires”, puis viendront les “traders” et enfin les entreprises, puisque une grande partie de sa valeur se retrouve côté via des actions.

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