La crise de la dette vue par The Economist

20150516_ldp001Le magazine néolibéral The Economist a fait sa “une” avec un dessin inscrit “tax-free debt” que l’on pourrait traduire par “libre de toute dette fiscale” et titrant ainsi sa “une” : “the great distortion, a dangerous flaw at the hear of the world économy” que l’on traduit par “la grande distorsion : une faille dangereuse au cœur de l’économie mondiale”. Par conséquent, le titre ne pouvait point être plus claire, il s’agit d’une alerte majeure de l’effondrement de la finance et de l’entrée dans une nouvelle crise. La traduction n’est pas parfaite ceci-dit.

La grande distorsion

In 2007, before the financial crisis led to the slashing of interest rates, the annual value of the forgone tax revenues in Europe was around 3% of GDP—or $510 billion—and in America almost 5% of GDP—or $725 billion (see Briefing). That means governments on both sides of the Atlantic were spending more on cheapening the cost of debt than on defence. Even today, with interest rates close to zero, America’s debt subsidies cost the federal government over 2% of GDP—as much as it spends on all its policies to help the poor.

Traduction : En 2007, avant que la crise financière conduise à la réduction radicale des taux d’intérêt, la valeur annuelle des recettes fiscales sacrifiées en Europe était d’environ 3 % du PIB ( 510 000 000 000 dollars, et aux états-unis d’Amérique près de 5% du PIB ou  725 000 000 000 dollars. Cela signifie que les gouvernements des deux côtés de l’Atlantique ont dépensé davantage pour avilir le coût de la dette que pour la défense. Même aujourd’hui, avec des taux d’intérêt proches de zéro, les subventions de la dette américaine coûtent au gouvernement fédéral plus de 2 % du PIB, autant que sa politique pour aider les pauvres.

They have created a financial system that is prone to crises and biased against productive investment; they have reduced economic growth and worsened inequality.

Traduction : Ils ont créé un système financier qui est enclin à des crises et un parti pris contre l’investissement productif, ils ont réduit la croissance économique et aggravé les inégalités. 

Financial regulators have already gone some way to redressing the balance from debt by forcing the banks to fund themselves with more equity. But the bias remains—in large part because of the subsidy for debt. Under a more neutral tax system, firms would sell more equity and carry less debt. Investors would have to get used to greater volatility; […], shareholders would be taking less risk.

Traduction : Les régulateurs financiers ont déjà dans une certaine mesure rétabli l’équilibre de la dette en forçant les banques à se financer avec plus d’équité. Mais le biais reste en grande partie à cause de la subvention pour la dette. Dans un système fiscal plus neutre, les entreprises vendraient plus d’équitablement et transporteraient moins de dettes. Les investisseurs devront s’y habituer à une plus grande volatilité, les actionnaires prendraient dès lors moins de risques.

Investment in new ideas and businesses that enhance productivity would become relatively more attractive, in turn boosting economic growth.

Traduction : l’Investissement fait partie des nouvelles idées, les entreprises qui améliorent la productivité seraient devenues relativement plus attrayantes, à son tour stimuler la croissance économique.

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