Le blocage de l’Île-de-France par la FNSEA au nom du productivisme

804278-000_arp4262684Les agriculteurs de la FNSEA sont énervés du sort qu’il leur est réservé. Au nom du prêt de 75 Milliards d’euros que la Troïka, ils souhaitent de nouvelles aides pour faire face à la crise du productivisme. Je vais passer sous silence le fait qu’ils font aucune différence entre un prêt des institutions financières (il va rapporter des bénéfices) et une aide de l’État (qui va faire des pertes). La crise porcine est bien présente, le chiffre d’affaires baisse dû à la chute du prix du porc et les dépenses liées à l’engraissement des animaux augmentent à cause de l’augmentation du prix des céréales. Tout est lié de prêt comme de loin, à la finance et sa dérégulation. Pourtant, le boucs-émissaires trouvé par les agrochimistes est évidemment l’État et sa capitale : Paris. Pourtant, le Marché du Porc Breton est à Plérin. Ils n’ont pas le sens géographique et encore moins celui des marchés.

5055177_web-blocage-agriculteurs-parisPrès de 1 000 tracteurs auront pour objectif de bloquer la Capitale en utilisant les principaux autoroutes : A1, A4, A6, A10 et A13. Le blocage de la région a pour objectif de paralyser de manière entière les principales voies de communication reliant la province et Paris. Parmi, ces tracteurs près de 70 patrons d’exploitations bretonnes feront le déplacement grâce à l’aide des céréaliers. Cette démonstration de force a pour objectif de faire plier le Ministre de l’Agriculture Stéphane le Foll qui a déjà affirmé l’aide de 3 Milliards d’euros. Loin d’être suffisant, pour ces agriculteurs, ils demandent davantage de mesure afin que le modèle ultra-productif perdure.

Ce blocage aura-t-il un effet sur l’activité économique de la capitale ? Oui, un ralentissement dû au blocage volontaire des agriculteurs. Les premiers concernés seront les travailleurs qui utilisent les véhicules pour se rendre sur leur lieu d’exploitation. Ce sont aussi ces travailleurs qui payeront les aides qui seront adressées aux patrons agrochimistes. Des bouchons importants sont prévus en Île-de-France. La situation des transports et le temps de déplacement est assez compliqué. D’autant que ceux qui prennent les transports en commun seront aussi pénalisés par un afflux massif de personne.

D’autant que les patrons agrochimistes s’ils se déplacent à Paris, c’est qu’ils ne subissent pas la crise. Ceux qui sont dedans n’ont pas les moyens, ni le temps de se rendre à Paris pour faire du folklore poujadiste.

La FNSEA veut faire déborder la goutte d’eau dans une région qui correspond au sixième de la population française. Il y a une colère qui monte lentement contre la FNSEA et elle est totalement légitime.

La FNSEA dans un égoïsme rampant, après avoir saccagé de nombreux bâtiments dont des entreprises et des cargaisons de pêcheurs. Qu’est-ce que l’on va assister aujourd’hui de la part de ces personnes ? Des dégradations, de la pollution, de la maltraitance animale, des attaques de bâtiments publics etc. sont à prévoir de la part de ces patrons.

Pendant que l’organisation œuvre en toute impunité et se voit offrir les autoroutes franciliennes, la Confédération Paysanne subit la répression de l’État. En effet, le rapport de l’état entre les grands propriétaires terriens ou les industriels agrochimistes et les petits-paysans favorisant une culture raisonnée, locale et souvent biologique varient fortement. À Lyon, la Confédération Paysanne a été expulsée manu-militari de sa manifestation. Récemment, des militants de Conf’ sont même accusés d’atteinte à la sécurité de l’État, autrement de terrorisme. Le mode de production ne satisfaisant pas la bourgeoisie, les mesures qui y sont prises témoignent de cette différence politique qui n’est autre que la doctrine finalement de l’État en matière agricole.

En Bretagne, la FNSEA va même jusqu’à assassiner les cochons qui ne sont pas élevés dans des usines et leurs conditions. Le marché alternatif se porte plutôt bien et cela les énerve fortement. Comme tout militants d’extrême droite, ceux qui pratiquent l’alternative sont accusés d’être des bourgeois (des bobos).

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