Le terrorisme des TAK brouille les lignes

Les TAK (Teyrênbazê Azadiya Kurdistan) ont revendiqué le double attentat terroriste dans la ville d’Istanbul, le 10 décembre dernier. Deux véhicules ont explosé avec un possible kamikaze à l’intérieur suggérant une évolution nette en terme de stratégie.

Pour revenir à l’origine du conflit opposant le TAK à l’état turc, il s’agit également d’un attentat. En effet, l’attentat de Suruç du 20 juillet 2015 marque le début de la situation actuelle. Peu après l’explosion devant le Centre Culturel Amara, l’attitude des forces de l’ordre est apparu considérablement bizarre. En effet, ces derniers ont réprimé les victimes de l’attentat à coup de gaz lacrymogène, mais aussi en empêchant l’arrivé des secours sur les lieux de l’attentat. Cette posture post-attentat interroge sur les objectifs réels. Ces événements ont créé une colère légitime. Deux jours plus tard, les Faucons de la liberté au Kurdistan ont exécuté deux policiers qu’il affirmait collaborer avec Daesh. Ce point de départ marque le début d’une escalade de la violence du régime vis-à-vis des minorités en Turquie et notamment des Kurdes. Dans ce contexte, Erdogan est parti dans une véritable guerre civile, mais n’a pas voulu répondre des accusations politiques concernant la collaboration du régime avec Daesh.

Depuis, le sultan turc a lancé une opération de punition collective rappelant la vision que ces aïeux politiques des “jeunes turcs” ont pu faire ou d’autres contre les minorités. Actuellement, près de douze villes ont été entièrement rasées par l’armée turque. Des quartiers “kurdes” sont destinés à être démolis, comme c’est le Diyarbakir ou Gaziantep.

Le TAK est une organisation dissidente du PKK qui n’a plus de liens avec le PKK. Pourtant, trop souvent, les commentateurs tendent à émettre en avant les différents liens de subordination entre les deux.

Par leur méthode d’action, on peut clairement voir une forme d’action différente, mais aussi en matière de doctrine. Le terrorisme est toujours dramatique. En l’occurrence, le TAK diffère réellement dans sa démarche de s’attaquer à la fois à des civils, tout comme des représentants de l’état, à savoir des policiers et des gendarmes, ou des bâtiments publics. Dans le cadre de l’attentat du Stade Vodafone Arena de Beşiktaş et du Parc de Maçka, plusieurs civils ont été assassinés dans l’opération. Cela montre inexorablement la volonté de plus tuer des personnes de manières précises, mais de tuer pour tuer. Ensuite, on constate que les méthodes traditionnelles de l’organisation dans leurs opérations terroristes tendent à se modifier.

En effet, durant l’une des explosions, un kamikaze aurait fait exploser la voiture. Ce n’est pas véritablement une méthode traditionnelle de l’organisation. La question du “kamikaze” dans le monde du terrorisme trouve largement un focus dans la “djihadosphère”. Ces derniers n’excluent pas se suicider via le terrorisme pour atteindre le paradis (en opposition à l’enfer). Dans le cas de l’organisation, la question reste de brouiller les pistes vis-à-vis de l’état profond de la Turquie sous Erdogan.

Les conséquences de cette attaque restent le fait que le gouvernement désigne le PKK et appelle in extenso à mater les minorités. De ce fait, les sbires de l’AKP n’ont pas hésité à vandaliser des locaux du HDP, quand bien même ils ont condamné cet attentat. La répression gratuite et féroce pour le retour du projet “Empire Ottoman 2023” et le retour de Califat.

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