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L’idéal libertarien à travers la cryptomonnaie

Écrit par sur 13/02/2021

Ces derniers jours, le temps consacré à la notion de la cryptomonnaie notamment à travers le « bitcoin » à travers les différents milliardaires a permis de mettre en avant ce moyen de paiement entièrement électronique. Une cryptomonnaie a la particularité de fonctionner sans aucune banque centrale, la valeur qu’elle possède dépend de la confiance dans laquelle ses utilisateurs l’utilisent. Sans contrôle gouvernemental, la volatilité de cette devise fait le rêve de ceux qui ne veulent plus de structure étatique tant dans l’aspect matériel que moral. Une vie économique alternative prendrait tout son sens.

Le libertarianisme, vision la plus aboutie du libéralisme promeut de laisser une société contractuelle. Les idées de Lysander Spooner ou de Murray Rothbard ne s’improvisent pas. Le projet d’une monnaie entièrement numérique s’avérait être l’une des utopies des libertariens modernes. Quelle différence se réalise alors avec les monnaies locales ? Ces dernières ne fluctuent pas selon les humeurs des influenceurs et des détenteurs de monnaie. Une monnaie locale ne peut être soumise à la spéculation alors que les monnaies électroniques y sont fortement soumises. La monnaie subit les humeurs des influenceurs. Sa valeur se résume actuellement à celle d’un paradis monétaire. Les échanges entre les devises réelles sont réalisables à travers des plateformes spécialisées. La loi du marché permet de fixer la valeur de la cryptomonnaie. Le reste est dans les mains de l’individu qui décide d’investir à ses risques et périls tout en sachant que le flou juridique dans lequel il se trouve.

Le rêve d’une société sans banques centrales pour stabiliser la monnaie ou relancer l’économie à travers des méthodes hétérodoxes devient totalement banni. Les serveurs liés à la gestion de la cryptomonnaie sont en réalité une sorte de banque centrale, mais les règles programmées ne sont pas modifiables afin de garantir une stabilité et une confiance dans celle-ci. Une société où l’argent n’est plus gérée par l’être, mais par des programmes informatiques tend à déshumaniser les rapports de l’être humain avec la monnaie. Il y a un risque également de voir la fin de la monnaie fiduciaire. Ce risque rend plus vulnérables les personnes notamment dans la question du maniement des outils numériques. Or, la monnaie fiduciaire reste un moyen de paiement le plus sécurisé par rapport à l’aspect des cryptomonnaies.

Dans certains pays, les paiements peuvent se réaliser directement au travers de cette monnaie. Il s’agit d’une certaine façon de retrouver une valeur refuge comme fût l’or pendant une période. La faible augmentation de l’or d’une année sur une autre. En période de crise économique, les investisseurs souhaitent trouver un rééquilibrage dans les investissements à risque. Pourtant, malgré la volatilité et les Krachs prévisibles, rien n’y fait les journaux spécialisés en économie traitent de plus en plus de ces monnaies. Il existe un rêve idéal où l’individu peut devenir riche uniquement en laissant travailler le marché. Dans ce contexte idyllique, les investissements réalisés peuvent s’articuler comme un jeu de blackjack : quitte ou double. La question dès lors de l’adrénaline qu’entreprend l’investisseur se fait d’une certaine manière comme un trader.

Face à ces cryptomonnaies, les banques centrales réfléchissent sérieusement à créer des Monnaies Digitales de Banques Centrales (MDBC). L’idéal libertarien risque de se retrouver confronter très vite à cette mise en place d’alternative sérieuse et plus crédible sur l’aspect de sa valeur. Ainsi, il y aurait une guerre entre les cryptomonnaies et les MDBC, les banques centrales ont des outils pour inonder le marché de devises et renforcer ses modes de paiement comme étant une norme. Les libertariens n’ont qu’à se tenir debout parce que l’heure de la riposte, notamment dans une période où nous allons progressivement vers un néokeynésianisme et une politique de l’offrande.


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