Parlons des élections régionales et des alliances

Les élections régionales de 2021 ont été repoussées à la fin du printemps et au début de l’été sur une décision sanitaire salutaire. Dans le cadre actuel, les différents débats entre les coalitions et les listes à parti ou mouvement unique méritent d’être éclairci.

L’alliance rouge-rose-verte

L’une des particularités dans ces élections réside dans le fait qu’elles s’articulent sous le signe d’alliance entre partis. À moins de faire preuve de sectarisme, les partis politiques se réunissent autour d’une liste commune plaçant en tête les prétendant à la victoire. Ainsi, l’alliance permet d’acquérir des élus locaux à savoir des élus qui connaissent le terrain. Elle crée une réserve pour un parrainage pour l’élection présidentielle. De ce fait, les alliances sont utiles à tous les candidats. À ce jour, les alliances locales fonctionnent mieux que les alliances globales. De ce fait, la campagne pour les élections régionales démarre progressivement. Il s’agit dans le cadre de ma région de renverser la majorité sortante. Par ailleurs, l’initiative que je porte s’inscrit dans une alliance “rouge-rose-verte”. Il est vrai que la base ne correspond pas à ce qu’il se passe au siège de la rue Rébeval.

À ce jour, la dispersion des partis politiques dans de multitudes d’étiquettes laisse entrevoir un bloc homogène chez les libéraux, les marcheurs et les frontistes. Le slogan des “castors” a fonctionné une seule fois et ne fonctionnera pas une seconde fois. Les éditorialistes en ont bien pris conscience. Une stratégie consiste à diaboliser une partie de la gauche radicale à travers la presse conservatrice que l’on a vue sous le terme “islamo-gauchisme“. Mais ces manœuvres n’ont duré qu’un court instant. L’heure d’un débat idéologique a sonné. Il semble nécessaire avant de se lancer dans les campagnes présidentielles et législatives de 2022 de mesurer le pouls de l’électorat.

Les listes régionales ne sont pas forcément encore sorties que le Rassemblement National de Jordan Bardella est déjà parti en campagne malgré la crise sanitaire. Ainsi, les plus conservateurs et réactionnaires ont toujours un train d’avance sur le “camp du progrès”. Toutefois, une grande partie de la population semble désabusée et n’ira pas voté. Cette réserve potentielle de bulletins de vote représente une manne importante pour réaliser une politique progressiste.

Des élections locales aux enjeux locaux

Les élections régionales qui auront lieu ne sont pas si lointaines que cela. Au moment où les candidats préparent le terrain pour la pré-campagne pour les élections présidentielles et législatives de 2022. Les militants des différents partis politiques ont dans leur champ de vision les régionales de 2021. En effet, le processus de décentralisation orchestré sous la dernière législature a créé des super-régions en réduisant leur nombre afin de réaliser des économies structurelles. Dans le même temps, les prérogatives des régions se sont accrues, mais sans possibilités d’utiliser la possibilité réglementaire. De ce fait, les régions interviennent dans un nombre considérable de domaine et cela va s’accentuer avec la montée du régionalisme.

Dans ce cadre, l’action de la région permet également de faire vivre la “démocratie locale”. Loin du Palais Bourbon ou du Palais du Luxembourg, de nombreux élus tissent et resserrent les liens que la démocratie parisienne n’arrive pas à faire. Ainsi, les élections locales permettent de tester le terrain. Le jacobinisme de Paris et des décisions prises au sein de la capitale ont nécessairement des conséquences sur la vie locale. La République Française est “indivisible” selon l’article premier de sa Constitution. Les représentants de l’électorat sont souvent déconnectés de l’univers des classes populaires et moyennes. Ainsi, le fait de mettre sur des listes, les personnes qui connaissent bien le terrain et sont le plus à même à représenter leurs intérêts, demeure primordial.

Les enjeux locaux se symbolisent également par la mise en place d’un vaste plan de construction de logements sociaux. Libérer le foncier non pas des normes, mais de la spéculation s’avère nécessaire. La question de créer des logements à des prix abordables demande une vaste campagne nationale, mais aussi une plus grande implication des régions dans la création de logements sociaux. Les élections régionales permettront de remettre la question de l’habitat au cœur du débat.

Aujourd’hui, la décentralisation s’avère tout de même inaboutie. En effet, les régions ont besoin d’outils permettant de réglementer et d’encadrer les décisions qu’elles prennent.

Loin de la bureaucratie de Bruxelles et du siège des verts

Loin de Yannick Jadot, l’écologie s’enracine progressivement dans les mouvements populaires. Ainsi, Europe-Écologie Les Verts de Yannick Jadot s’adapte en fonction de ce qu’il se réalise chez ses homologues européens. Les écologistes français sont vus comme des pastèques : vert à l’extérieur et rouge à l’intérieur. Or, une écologie qui ne s’avérait être impopulaire est condamnée à un échec cuisant. De ce fait, Yannick Jadot a besoin d’un programme politique permettant de faire progresser le pays et d’insuffler l’écologisme. Pourtant, une rupture se creuse entre la gauche radicale et Yannick Jadot. En effet, la tentation néolibérale de son parti politique apparaît au grand jour. Toutefois, la base suivra-t-elle un tel changement ? De sa prestance de député européen, il semble mener la barque, mais l’eau s’y infiltre et elle risque de couler.

 

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