L’assurance-chômage éparpillée façon puzzle

La réforme de l’assurance-chômage est entré en vigueur alors que le pays subit la pire crise économique de notre siècle : une incompréhension. Les chômeurs verront une partie de leurs indemnités profondément diminuer. Dans un contexte où le gouvernement laisse filer le déficit public pour sauver les grandes entreprises et les actionnaires, cette décision est incompréhensible. Ainsi, le sentiment d’injustice des “privés d’emplois” percevant l’assurance-chômage s’avère foncièrement élevé. La baisse des indemnités pourrait aller jusqu’à 40% pour certains cas.

L’assurance chômage est charcutée par le néolibéralisme

La saignée réalisée dans une période de crise économique va dans un “contre-sens économique”. En effet, l’État Providence a pour ambition de protéger à travers son système assurantiel lorsque l’économie se rétracte. Ainsi, la protection sociale que s’octroie l’État en période de récession permet à des millions de ménages de pouvoir survivre. La donne a changé et l’individualisme méthodologique impulse l’idée de la “responsabilisation” de la situation de l’individu. De ce fait, le mythe s’entretient dans le fait que le travail existe et qu’il suffit par exemple de traverser la rue pour en trouver. En conséquence, les chômeurs sont vus comme des assistés par les libéraux et les conservateurs.

Le modèle que proposent les libéraux par la politique de l’offre se base sur le “chômage volontaire”. En effet, lorsque les réformes structurelles permettant d’assouplir le marché du travail entrent en application, elles génèrent des effets pervers. De ce fait, en misant sur la formation du chômeur et une politique flexible, la baisse du chômage résulte de ce modèle idéologique. Dans le même temps, l’assurance-chômage retarderait le chômeur à reprendre la voie du travail. Ainsi, une nouvelle formule moins attrayante s’enracine dans une chasse aux sorcières. Les chômeurs sont diabolisés et persécutés afin que les salariés aient peur du chômage et de ses conséquences.

D’une certaine manière, la “macronie” met en place une “flexi-sécurité” à la Française : assouplissement du marché du travail, baisse des droits au chômage et investissement accrue vers la formation. Une idée sur le papier fort intéressant aurait pu naître. Cependant, le “travailleur” n’est vu que comme une “variable d’ajustement” des besoins de l’entreprise. De ce fait, il fait perdre une grande partie de son savoir-faire pour répondre aux besoins du capitalisme.

L’assurance-chômage vit des cotisations sociales

L’assurance-chômage est le résultat des cotisations sociales que le salarié paye lorsqu’il est en activité. Elle ne tombe du ciel et ne résulte d’aucun privilège. Ainsi, le travailleur ne devrait pas subir une telle humiliation d’une partie de la société. Les chômeurs sont avant tout le résultat d’une “révolution numérique” et “digitale”. Dans le même temps, l’allègement sans cesse des cotisations sociales de la part des salariés comme du patronat s’inscrit dans la “politique de l’offre”. Pour les uns, il y a un gain immédiat en termes de salaire net ; pour les autres, il y a des économies réalisées. Toutefois, un leurre apparaît puisque l’ensemble de la somme versée à l’assurance-chômage n’est qu’un salaire différé dans le temps. À force de vouloir d’une part réaliser des économies structurelles et baisser les rentrées fiscales, la ceinture finit par ne plus avoir de trous disponibles pour serrer davantage.

Le fonctionnement de l’assurance-chômage est contracyclique. Elle reste un amortisseur social. Ainsi, lorsque l’économie est en expansion, le ratio recettes/dépenses est positif alors qu’en période de récession, ce même ratio est négatif. Il convient dès lors de trouver un mécanisme permettant que la balance entre les fonds dépensés en période de crise soient corrigés en période d’accroissement de la richesse. Cette solution se trouve naturellement aux origines de la Sécurité Sociale à travers les cotisations sociales. Il convient de mettre également de mettre fin à la CSG qui n’est d’autre qu’un impôt indirect injuste comme la Taxe sur la Valeur Ajoutée.

La question des luttes sociales et de la lutte des classes prend une dimension importante. La déconstruction progressive du modèle social français amène à des situations catastrophiques et dramatiques. La France bascule dans “l’austérité dure” alors qu’elle a déroulé le tapis rouge au patronat.

Derrière l’individu … l’être humain

Il semble nécessaire de ne pas perdre de vue la question de l’être humain. L’individualisme méthodologique tend à rompre toutes formes d’humanisme. En effet, la démonstration des “néolibéraux” tend à affirmer que la solidarité gaspille une partie des bénéfices et de la richesse créée. La compétition permet de faire passer l’être humain pour un individu, puis finalement par une variable de statistique dans un logiciel de traitement numérique.

Le néolibéralisme broie les individus sous couvert d’un quelconque progressisme. Replacer l’Humain au cœur des priorités permet de sortir d’un schéma dévastateur et destructeur. Les emplois créés dans le temps se doivent d’être durable dans le temps. Ainsi, l’État a vocation a créé une politique de création structurelle d’emplois, c’est-à-dire qu’ils sont indestructibles. De telles manières, la société en sortirait grandies. Au lieu de cela, les pouvoirs publics préfèrent jeter l’argent du contribuable au patronat par les fenêtres.

Nous sommes dans un carrefour de l’Histoire de la Cinquième République, mais aussi de la France. Les luttes s’intensifient partout sur le territoire afin de démontrer que les entreprises tiennent uniquement par le “prolétariat”. Pour le reste, ce sont les mêmes qui vont subir les politiques de réductions et de rigueurs budgétaires dans un moment de l’Histoire assez difficile comme cela. Combien faudra-t-il de suicides et d’accidents de travail mortel pour que le gouvernement admettent qu’il s’est manifestement trompé dans sa politique ?

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