Justice : Assa Traoré condamnée, une hypocrisie

Justice : Assa Traoré condamnée, une hypocrisie
Assa Traore, the sister of late Adama Traore, a man who died during his arrest by the police in July 2016, poses during a photo session in Paris, on April 25, 2019. (Photo by KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Assa Troaré a été condamné en premier instance pour atteinte à la présomption d’innocence concernant “l’Affaire Adama Traoré”.

Présomption d’innocence, mais “permis de tuer”

En effet, le fait de citer le nom des trois responsables de la mort de son frère : Romain Fontaine, Arnaud Gonzales et Mathias Uhrin n’ont pas apprécié le fait d’être mis en avant. De ce fait, la “présomption d’innocence” est agitée comme un drapeau pour la mettre au pas. Dans ce cadre, il s’agit de l’utilisation d’un outil juridique pour faire taire un collectif demandant la “transparence” concernant les conditions du décès d’Adama Traoré mort entre les mains des gendarmes. En essayant de faire taire, la principale protagoniste, il se crée l’effet en appliquant “une politique de censure”, il se crée l’effet paradoxal réalisé, le nom des responsables présumés va continuer de circuler de manière débridée dans les réseaux militants.

Cette démarche s’inscrit dans une volonté de la Justice, des élus et des syndicats de policiers de pratiquer la censure. Or, ces méthodes s’inscrivent dans la répression judiciaire de la famille Traoré. En effet, tous les prétextes utilisés par entraver un “processus judiciaire” par la voie classique d’aboutir à la condamnation des trois responsables présumés de la mort d’Adama Traoré. Par ailleurs, les “zones floues” et les ombres de la fin de la séparation des pouvoirs plane au-dessus d’un dossier majeur. Ainsi, le mouvement “Black Live Matters” à la Française génère une certaine crainte chez les dirigeants, les juges et la classe dirigeante.

La question du “permis de tuer” au sein des Forces de l’ordre se traduit par la promotion de la “légitime défense”. Or, il y a manifestement un processus profondément “raciste” dans le cadre de l’ensemble des “plaintes” contre le collectif “Justice et Vérité pour Adama Traoré”. De ce fait, les différentes plaintes s’inscrivent dans un processus de bâillonner la “liberté d’expression”, mais aussi de créer un “assèchement des comptes bancaires” du collectif de soutien. Ensuite, il faut tout de même souligner que sous cet acharnement judiciaire ne sera pas le premier, ni même le dernier. En voulant “faire taire”, ils se génèrent un effet contradictoire : le nom des protagonistes ayant entraîné la mort d’Adama Traoré va circuler plus rapidement.

Un État Policier au service des Forces de l’Ordre

La répression comme outil politique, le gouvernement par l’intermédiaire du préfet ou la subvention des avocats des principaux responsables de la mort d’Adama Traoré conduit régulièrement à des plaintes contre sa sœur : Assa Traoré. En effet, il y a une volonté chez les “principaux responsables” de la mort d’Adama Traoré de nier les faits pourtant évidents et une Justice mise au pas par le Garde des Sceaux et le ministère de l’Intérieur. De ce fait, l’État Policier se déploie dans toute son envergure. Sa voilure déployée permet d’inverser la charge des rôles : une stratégie bien connue.

Le risque de voir apparaître un État Policier au sein de la population n’est pas une hypothèse farfelue. Au contraire, la Justice fonctionne à double vitesse selon la couleur de peau de la personne. Ainsi, Nicolas Sarkozy s’attire les soutiens alors qu’il est jugé coupable en premier instance. Cette solidarité de classe intervient chez ceux qui veulent en finir avec l’État Policier. Les réponses aux questions légitimes se trouvent uniquement dans l’outil répressif.

La machine judiciaire a pour objectif de broyer les “familles de victimes”. En effet Assa Traoré porte en elle un combat bien plus grand : faire reconnaître par l’État qu’elle combat, les crimes des Forces de l’ordre. Pour le moment, elle n’a pas obtenu “gain de cause”. En effet, les principaux responsables de la mort d’Adama Traoré sont en liberté.

L’extrême-droite apporte un soutien à l’exécutif

Sous des prétextes de “sécurité publique” et notamment de “sécurité des personnes”, l’extrême-droite apporte régulièrement son soutien aux Forces de l’Ordre montrant ainsi sa sympathie pour l’exécutif. De ce fait, les lignes directrices d’un “front républicain” ont clairement sauté. En effet, la justification par l’extrême-droite du fait que l’État a le “droit de vie ou de mort” devrait nous inquiéter, notamment dans la hausse de ce dernier se situant à la porte du pouvoir. Dans le même état d’esprit, nous assistons à une “droite revancharde”. De ce fait, les groupuscules comme Génération Identitaire (bientôt dissous par décret) font leurs choux gras sur le populisme sécuritaire.

Les prétextes des antécédents judiciaires et des différentes peines ne justifie en aucun cas les crimes des Forces de l’Ordre. En effet, le droit constitutionnel et les différentes conventions tout comme les traités internationaux que la République Française a ratifié protègent justement “le droit à la vie” sous n’importe quelle condition. En sortant de ce champ, nous avons assisté à une sortie du champ républicain, mais aussi une double peine.

De ce fait, Assa Traoré a le soutien de l’ensemble de l’équipe de “Révolution et Libertés” dans le processus pour obtenir “Justice et Vérité”

0:00
0:00