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Venezuela : l’hyperinflation se poursuit

Écrit par sur 07/03/2021

L’hyperinflation se poursuit au Venezuela où un billet d’un million de Bolivars a été émis par la banque centrale du Venezuela. Avec une augmentation de 3 000%, la menace est réelle. En effet, le pays de Nicolas Madurò n’en finit pas de subir une politique monétaire désastreuse. C’est l’occasion de parler de ce phénomène d’une gestion incontrôlée de l’outil monétaire.

L’hyperinflation symbole de l’échec du néo-chavisme

L’hyperinflation reste un phénomène économique que tous les pays fuient et essayent de limiter. Ainsi, la rigueur et l’austérité apparaissent comme une alternative à travers le courant monétaire pour stabiliser la monnaie. Ensuite, il s’avère que le Bolivar souverain (monnaie depuis 2018) nous rappelle évidemment la question du « nouveau Franc » même si cela peut paraître un peu loin pour nombre d’entre nous. Toutefois, il s’avère que depuis le décès d’Hugo Chavez, la bureaucratie d’un État qui se réclame du socialisme apparaît une nouvelle fois comme la vitrine d’un terrible échec. Ces personnes ne savent pas gérer les comptes budgétaires, ni appliquer une politique permettant une certaine stabilité de la monnaie sont des apprentis-sorcier. De ce fait, ils nuisent clairement au socialisme.

Le « néo-chavisme » reste une certaine hypocrisie. Cela se résume par une politique autoritaire au travers d’une bureaucratie fortement ancrée au sein de l’administration. Ainsi, la technocratie a pris corps au sein de la société vénézuélienne. Malgré, le fait qu’une grande partie de ces derniers sortent justement des grandes écoles pour poursuivre le chavisme, il y a une forme de bérézina en ce qu’il concerne l’hyperinflation.

Une politique monétaire mise de côté apparaît comme fondamentale dans la gestion d’un État, notamment dans la transformation vers le socialisme. De ce fait, nous assistons d’une certaine manière à la défaite d’un modèle reposant essentiellement sur les ressources financières du pétrole. La diversification des activités économiques aurait pu permettre de limiter la casse actuelle et l’effondrement des espérances et de soutenir un modèle économique.

Une politique monétaire stabilisant la monnaie nécessaire

Sous prétexte que le PSUV porte une politique sociale, ils s’apparenteraient à la grande famille du socialisme. Or, il ne suffit pas de se déclarer socialiste pour réaliser une politique socialiste soutenable au niveau budgétaire et monétaire. De ce fait, Karl Marx de son vivant pensait qu’en attendant la transformation d’une politique vers le « communisme », la question de l’impôt sur le revenu et le capital permettait justement de créer une redistribution des richesses produites. Or, les richesses étaient produites avant qu’une politique se concrétisant par des amortisseurs sociaux voie le jour. Dans le même temps, l’expérience de Lénine à travers la NEP a largement libéralisé la Russie Bolchevique de son pays partant du même constat.

Il ne s’agit pas pour autant de défendre les thèses Stuart Mill à travers le socialisme libéral. Cependant, le pays a besoin d’une attractivité importante notamment en ce qu’il concerne l’investissement du capital. Il ne faut pas se leurrer dans une économie mondialisée, le socialisme étatique reste un courant totalement dépassé, mais aussi contre-productif. Le capitalisme d’état est un frein pour l’économie, notamment au niveau de son expansion. Dans le même temps, il semble nécessaire d’oser de mettre en application une économie mixte. Elle serait gérée par le capital public et l’autre par le capital privé peut permettre le relèvement du pays d’une faillite à vue d’œil.

Enfin, l’hyperinflation demeure un danger pour les démocraties modernes puisqu’elle porte en elle l’autoritarisme et les prémisses du totalitarisme comme solution pour résoudre le problème monétaire. Si le Venezuela n’est pas une référence en matière de démocratie, tout comme l’opposition au gouvernement actuel. Les tabous de la stabilité monétaire et d’une maîtrise de l’inflation dans des normes acceptables deviennent primordiaux au regard de la situation économique désastreuse. 

 


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