Des groupes de parole non-mixtes à Grenoble ?

La question a le mérite de se poser concernant la tenue ou pas de groupes de paroles ou de réunions non-mixtes au sein du mouvement étudiant, mais aussi ouvrier concernant les minorités. En effet, la volonté de la droite gouvernementale, la droite radicale et l’extrême-droite s’inscrit dans une volonté de dissoudre l’UNEF. Le questionnement se traduit par une avalanche de vocifération appelant clairement à la haine et désinformant sur la réalité de ces “groupes de parole”.

Les groupes de parole non-mixte : une non-affaire

Les “haters” de tout bord ont sauté à pieds joints à propos de quelques groupes de parole non-mixtes. Le gouvernement par la voix de Jean-Michel Blanquer a repris la propagande de la “droite radicale” et de son allié “l’extrême-droite”. De telle sorte que le syndicat étudiant se retrouve devant un déferlement et un emballage médiatique sans que nos confrères prennent réellement le temps d’étudier les espaces de non-mixité existant en dehors de ce syndicat et ne créant aucun remous au sein de la société.

Le problème principal réside dans le fait que ces groupes créeraient un “racisme anti-blanc”. Il s’agit d’un fantasme agité par l’extrême-droite et s’incorporant dans une partie de la Société. En monter l’affaire de toute pièce comme des réunions interdites aux “blancs”, le syndicat mènerait dès lors à une vaste campagne raciste contre les blancs et à partir de cette analyse : la dissolution est demandée.

Ainsi, l’UNEF est comparé à Génération Identitaire (dont la post-dissolution permet de récupérer les cadres à destination du Rassemblement National). De ce fait, la vague déferle sur l’ensemble du mouvement syndical et s’inscrit également dans la chasse aux sorcières que le gouvernement réalise dans le cadre de sa politique intérieure. Nous avons eu le droit à la question de l’Islamo-gauchisme dans les facultés, nous voilà face aux questions du “racisme anti-blanc”. De ce fait, le fait de soumettre l’idée de la dissolution d’un syndicat étudiant est tout de même provoquant, dangereux et antidémocratique, voire antirépublicain.

Les réunions non-mixtes : fantasme ou réalité ?

Depuis des dizaines d’années, les minorités se regroupent dans des “réunions réservées” à certaines personnes. On le trouve chez les Alcooliques Anonymes, chez les féministes, etc. Elles ont un objectif fondamental : rompre l’isolement et se sentir entouré à travers des personnes qui partagent les mêmes difficultés et des expériences similaires. Doit-on interdire les femmes qui se réunissent entre elles ou les alcooliques entre eux ? Il s’agit d’une question fondamentale. Les femmes qui se réunissent seraient misandres et alcooliques s’inscrivant dans le jeu de la prohibition ? Ce sont des questions qui paraissent ahurissantes et pourtant, ces réponses s’inscrivent dans le “procès stalinien” qui est fait contre quelques réunions non-mixtes.

D’une certaine manière, il existe réellement un fantasme concernant les groupes de paroles non-mixtes. Ainsi, on peut clairement concevoir qu’il existe également chez la droite gouvernementale, la droite radicale et l’extrême-droite, de nombreux groupes de parole qui portent différents noms à l’heure de la transformation de la vie politique sous l’œil du néolibéralisme. Mais ces derniers restent dans le cadre d’une sphère privée. De ce fait, nous pouvons émettre de nombreuses hypothèses : 1/ le gouvernement est totalement inféodé aux valeurs de l’extrême-droite ; 2/ le gouvernement mène une campagne pour libéraliser toujours plus l’enseignement public en s’attaquant à des principaux syndicats.

En France, il existe un tabou concernant le racisme qui se développe ces trente dernières années à travers l’enracinement toujours plus profond de l’extrême-droite et de la lepénisation des esprits. Ces derniers essayent de vivre dans des communautés “blanches” et “catholiques”, mais cela n’a pas l’air de déranger le pouvoir. De ce fait, il y a tout de même une volonté cohérente d’inscrire la “lutte contre le racisme” comme étant contraire aux valeurs républicaines. Le républicanisme, dont nous avons tellement besoin se traduit d’une certaine manière par un discours militaire ces dernières années comme les néo-laïcs le prétendent. Le caractère arbitraire et le lynchage public par certaines personnalités politiques génèrent des menaces réels sur le syndicat étudiant.

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