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Passi – Émeute

Écrit par sur 22/04/2021

Dans un contexte de crise sociale où les manifestations dégénèrent en “émeute” de façon très conséquente malgré la “loi anticasseur”, il convient de revenir sur un “classique” du Hip-Hop à la Française : Passi – Émeute.

La vision d’une société qui se révolte semble faire trembler la bourgeoisie. Les réformes sécuritaires se multiplient les unes après les autres. Le dérapage liberticide, notamment en lien avec la “Loi de Sécurité Globale” s’accroît. Le gouvernement n’est plus en mesure de pacifier la société avec un “compromis de classe”. Au contraire, le gouvernement a choisi la “ligne bourgeoise” assez radicale pour mettre en avant la politique de l’offrande. C’est une dynamique où la politique de la demande est orientée de façon exclusive vis-à-vis des entreprises, des actionnaires et des bourgeois. Et le reste pour la classe laborieuse réside dans des miettes. Sauf que le prolétariat a bien compris qu’il n’a rien à attendre des “réformes structurelles”. En effet, il ne veut plus les miettes, mais toute la boulangerie.

La volonté d’une “révolution prolétarienne” face à la “contre-révolution libérale” se fait de plus en plus sentir. Le drapeau rouge, le drapeau des ouvriers reste un symbole d’une lutte éternelle. En effet, les barricades se dressent dans les rues, cela sonne l’heure de la révolte. La tension que génèrent les “politiques structurelles” intervient dans un contexte où le tournant de “la rigueur thatchérienne” va commencer à se mettre en place afin de comprimer la dépense publique et déstructurer l’ensemble du welfare state. Le paradis libéral et fiscal de Pierre Gattaz est en train de se mettre progressivement en place. Ainsi, l’assèchement des recettes fiscales par la baisse des cotisations, des taxes et des impôts va s’accélérer, mais ce qui se gagne d’un côté se perd de l’autre. Le niveau des dépenses incompressibles comme les assurances ou les mutuelles des ménages décollera de façon exponentielle. Or, les mutuelles et les assurances n’ont qu’un seul objectif : dégager des bénéfices, ce qui n’est pas le cas de l’Etat. De ce fait, on peut voir cela comme un mirage, c’est-à-dire une illusion d’optique.

Il est vrai que la “démocratie ouvrière” reste un symbole d’un objectif à atteindre, mais cela soulève la nécessité de construire une vision objective pour renverser le pouvoir. La “révolution n’est pas un dîner de gala”, elle est foncièrement violente comme le capitalisme que l’on vit tous les jours. Le libéralisme laisse de côté une partie de la population en lui faisant croire que les rêves sont réalisables tant que l’on y met du travail à travers la méritocratie. Or si tout le monde naît avec les mêmes capacités, nous n’avons pas tous la même facilité d’accéder à la réussite. Ainsi, la “reproduction des classes” se fait particulièrement ressentir et à la clef les classes bourgeoises se reproduisent laissant miroiter l’espoir d’un ascenseur social qui n’est pas en panne, mais qui est juste à l’arrêt. D’ailleurs a-t-il vraiment existé ?

Le “socialisme libéral” de Stuart Mill reste une utopie, le libéralisme ne peut pas permettre de créer une transformation radicale de la société afin de l’orienter vers le socialisme. Le social-libéralisme tel qu’il peut être pratiqué dans les pays scandinaves part du principe que le libéralisme doit produire pour générer des politiques sociales. Mais cela suggère de réaliser des sacrifices sur différents droits fondamentaux comme le droit du travail.

Revenons sur quelques paroles :

On passe tes barricades, on pète tes barrières
On a la barre on déraisonne et on ne craint plus personne
Toi t’appelles les renforts, la rage nous rend fort
Sonne ta retraite c’est ton heure qui sonne
[…]
Comme dans un James Bond ou un Banderas
Là t’as pas de télécommande donc on te nique ta ” Shut… “
En force on fout le désordre ” C’est rien c’est rien “
Pour toi on a une corde ” C’est rien c’est rien “
Tu nous verras à l’antenne déraciner ton chêne
On va changer les programmes sur ta 1ère chaîne
[…]
Si on vient tout piller ” Ca va pas bien loin “
Et si le Maire s’est sauvé ” C’est rien c’est rien “
Et même s’il y a l’armée, ” C’est rien c’est rien “
S’il y a des jets de pavés, des comas, des hématomes et des blessés
Des décès, si ton pays est stressé
S’il y a le feu au village s’il y a le feu dans la ville
Si tu vois saigner les civils, si ça tire dans l’entourage
C’est juste une nuit d’émeutes où le diable jubile
Deux jours aux infos, après on est tranquille


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