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La société du spectacle dans l’émission TPMP de Cyril Hanouna

Écrit par sur 08/05/2021

On peut dire beaucoup de chose de Cyril Hanouna, mais l’émission TPMP reflète une partie de la France réactionnaire et néoconservatrice. Ce millionaire proche de Boloré n’hésite plus à rechercher le buzz afin de faire augmenter son audimat, c’est-à-dire les profits de son entreprise.

Je ne parlerai pas de la prestation de Solveig Halloin, militante radicale et universaliste de la “cause animale”, ni de la phraséologie qu’elle crée afin de ne pas créer de divisions supplémentaires au sein de la cause animale, même s’il y aurait pas mal de faits à dire. Quoi qu’il en soit, l’une des règles fondamentales réside justement à ne pas entraver le travail des différents militants tant dans l’aspect théorique que dans l’aspect pratique. Notre ligne consiste à ne pas semer la discorde sur ce point de vue précis.

Dès lors, il convient de souligner que la vidéo de Solveig Halloin a déjà suscité la polémique et l’indignation d’un peu partout. Son erreur réside d’avoir été justement dans une émission qui n’a pas pour objectif de réaliser un nivellement par le haut du “débat politique”, mais bien de l’enterrer à dix pieds sous terre. Dans ces conditions, il convient de souligner qu’il se trouve également une vision très cohérente en sous-entendant qu’il s’agit d’un guêpier. Le fait de tourner en ridicule la “cause animale” était prévisible des heures avant l’émission. Pour autant, l’émission a été produite et diffusée et nous ne pourrons revenir en arrière. Elle tourne en boucle sur les réseaux sociaux et suscite l’indignation. L’objectif de l’émission de Cyril Hanouna a été atteint : on parle de son émission en y faisant de la publicité indirecte. Dans ces conditions présentes, pendant que la polémique évolue. On peut dire que “tonton Gégé” et sa clique parlent plutôt de la forme que des différents individus qui passent leurs vies dans des différents enclos, dans des cages, dans des hangars et sans parler de la maltraitance qui est légion. En effet, il y a clairement une problématique de fond.

 

 

Dans ces conditions, il semble nécessaire de rappeler certains éléments en ce qu’il concerne le “spectacle” voire le “show” qui se produit chez Hanouna. Il semble également nécessaire de prendre en considération le fait majeur que son audience qui réunit plus d’un million d’auditeurs chaque jour s’inscrit pleinement dans le “divertissement” et a pour ambition de “dépolitiser la politique”. À aucun moment, son ambition n’a pas pour but d’alimenter des débats politiques de fond, notamment sur les “sujets sociétaux”. Ainsi, ce n’est certainement pas sur ce genre d’émission où la populace la plus inculte et la plus ignorante qui se fait retourner la tête pendant des heures et des heures sous prétexte de se divertir que les “luttes sociétales” avanceront. Au moment où nous écrivons, des millions d’animaux sont égorgés après avoir subi de multiples sévices corporels et psychiques. Dans ce contexte, il y a effectivement le souhait que les “luttes animalistes” accélèrent afin d’aboutir à la réalisation parfaite d’une végétalisation de grande ampleur de l’assiette, mais aussi des vêtements tout comme d’en finir avec les différents tests cliniques. Autrement dit, il y a un moment donné où la raison doit l’emporter sur les émissions sensationnelles en quête de “buzzs” et de “clashs” Dans ces conditions, il me vient pleinement une des phrases de Guy Debord de la “société du spectacle” :

Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux.

Je pense personnellement que cette mascarade a assez duré et qu’il faut à un moment donné “refuser systématiquement” ce qu’il se produit sur les chaînes de Bolloré. En effet, la tendance n’est pas vraiment à l’enrichissement culturel tout comme d’un contexte propice à mettre en avant des arguments. Dans le même temps, Bolloré sur une autre chaîne de son groupe audiovisuel laisse à l’antenne le délinquant multirécidiviste Eric Zemmour sur CNEWS. Autrement dit, ce n’est pas un terrain propice à la “liberté de parole”, mais plutôt dans l’optique pour reprendre la chanson de Queen “The Show Must Go On” (NDLR : “le Show doit continuer”). Ainsi, un groupe d’extrême-droite ne pourra que faire l’apologie du “crime de masse” et de l’apologie du meurtre. Les conditions étaient réunies afin que l’émission dérape. C’était clairement volontaire de la part de la production. Il y a désormais une satisfaction pour la chaîne puisque son but a été atteint. Mais la question suivante résidera dans le fait : combien de temps faudra-t-il pour ramasser les débris du pot cassé ?


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