La montée de l’extrême-droite en France

La montée de l’extrême-droite en France
Photo by Steinar Engeland on Unsplash

L’extrême-droite progresse de jour en jour au sein de notre République. Ainsi il ne va pas sans dire que les élections présidentielles et législatives de 2022 représentent une grande menace pour les classes laborieuses. Les classes qui ne possèdent que leur travail pour subsister se retrouvent confronter face à une augmentation croissante de la « droite alternative » qui joue la carte éhontée de la figure d’opposant au « système » tout en recyclant les vieilles recettes du néolibéralisme en les transformant dans une sauce libertarienne.

Ainsi, Marine Le Pen a largement sa cote de popularité qui ne cesse de grimper en lien avec le fait que les journaux de la classe dominante lui déroulent le tapis rouge. Pourtant, il faut tout de même rappeler que le Rassemblement National (RN), anciennement le Front National a tout de même été par les résidus d’Ordre Nouveaux et des nostalgiques du pétainisme. Dans le même temps, il y a un soutien sans faille des partisans du « temps béni des colonies » comme ils le disent à travers l’OAS. Il y a près de trente ans, la question de l’interdiction du Front National se posait largement. Aujourd’hui, nous sommes dans une logique où les capitalistes ont vu que la relève des idées d’Emmanuel Macron pouvait donner lieu à une poursuite de l’austérité et des réformes structurelles afin de soutenir la classe capitaliste.

D’ailleurs, le patronat le sait très bien que le RN ne représente en aucun cas une menace pour ses propres intérêts ainsi que celui des actionnaires. Le fait que le parti fondé par l’héritier et le borgne de Montretout se trouve désormais à soutenir l’Union Européenne (UE) tend à rassurer la classe dominante. En effet, le passage d’une position du « Frexit » calquée sur la position du référendum de la couronne britannique a fini par céder. De ce fait, la volonté réside désormais dans le fait de réformer l’UE de l’intérieur. Au Parlement Européen, le RN est d’ailleurs à l’origine d’un pillage de l’argent des contribuables sous le fait de « faux assistants parlementaires ». Le RN n’a désormais rien appris de l’affaire François Fillon. La somme détournée avoisinerait les 12 millions d’euros. Ne parlons pas d’ailleurs de l’affaire « Jeanne » concernant les prestations surfacturées afin d’enrichir le clan proche de Marine Le Pen sur le dos une nouvelle fois du contribuable. Autrement dit, le RN ne sait faire qu’une chose en matière de gestion des deniers publics : le détournement de fonds afin d’enrichir durablement ses collègues, ses dirigeants tout en ne fournissant aucun travail de fond.

Dans le même temps, sur le plan économique, la gestion du RN s’avère être une véritable catastrophe. La vitrine d’un parti politique ressemble le plus souvent à ce que souhaite faire au niveau national. De telle sorte à ce que le parti s’inscrit typiquement dans une banqueroute régulière en se retrouvant en cessation de paiement. Ainsi, la politique interne du RN en matière de gestion de ses deniers publics tend à traduire dans les faits par un accroissement toujours plus dangereux de la réalité si elle était au pouvoir. Par ailleurs, les méthodes illégales destinées à récolter toujours plus d’argents nous rappellent étrangement la course à l’argent de ceux qui ont fondé le FN à savoir les nazis et les pétainistes. Structurellement, le parti de Marine Le Pen n’est pas apte à gouverner puisqu’il ne sait pas gérer un budget au niveau d’un parti sans entrer dans une banqueroute alors au niveau national, cela déclencherait une crise économique d’une ampleur inédite ainsi qu’une récession majeure. En effet, il convient de souligner également qu’il y a une grande démonstration que le RN n’est pas capable de gouverner un pays. Les expériences au niveau des municipalités sont d’ores et déjà des catastrophes, mais également une démonstration du programme que souhaite mettre en avant le RN au niveau national.

Le RN se vante de mettre en avant un « renouvellement » de la démocratie. Pourtant, dans les faits, il ne fait aucun doute qu’il y a clairement une distorsion dans les faits au travers de la réalité. Dès lors, il se construit que la position du parti tournée exclusivement autour de la sécurité puisqu’elle est considérée comme la « première des libertés ». Ainsi, la démocratie de fond attendra. En effet, les différents mouvements sociaux sont réprimés dans la foulée tout comme les différents syndicats et associations venant en aide aux classes populaires. Le « tout répressif » s’inscrit dans une vision d’en terminer très clairement de l’État de droit, mais aussi de la considération fondamentale qui revient désormais à la nature politique. Ainsi, la volonté d’instaurer un « État policier » se traduit dans les faits par l’accroissement des différentes prérogatives visant à restaurer les tribunaux d’exception, la généralisation des tribunaux de Police à la place des tribunaux d’instance et de grande instance. La vision s’inscrit également dans le fait d’amener à une société où l’on entend le bruit des bottes.

L’extrême-droite sert également les intérêts d’une majorité présidentielle. Au cours du mois qui s’est écoulé, il y a eu près d’une agression tous les jours de différents groupuscules radicaux. La dissolution de Génération Identitaire n’a servi à rien. On ne peut dissoudre une idéologie, dont les valeurs sont portées par le ministre de l’Intérieur. Ainsi, il convient de travailler sur le fond du problème qui réside dans la proximité de la majorité avec l’extrême-droite la plus radicale et la majorité à l’Assemblée Nationale. N’est-ce pas Darmanin qui a dit que Marine Le Pen était « molle » concernant la lutte vis-à-vis de l’islam politique et du djihadisme ? Dans ces conditions présentes, il convient de souligner que le combat contre le néofascisme réside également dans le combat le gouvernement afin de faire tomber l’ensemble de la droite.

Certains parlent de faire « barrage » à l’extrême-droite. Toutefois, un barrage est une ressource d’électricité en théorie illimitée. Elle recycle l’eau stockée afin de produire de l’électricité. Ainsi, Macron et le gouvernement Castex font du recyclage des idées du RN afin de leur donner une légitimité. De cette manière, il y a une forte volonté de légitimer de « dédiaboliser » le RN et de se faire « complice » de cette orchestration. Ainsi, nous voyons dans les détails une vision très claire qui se dégage visant à réprimer les différents mouvements antifascistes. Le combat pour l’avenir de la classe ouvrière se traduit dans les faits se traduit par un affrontement viscéral aux différentes théories économiques libérales. En effet, le néolibéralisme porte le « fascisme comme un le dernier souffle de son système ». Or, il ne s’agit ni plus de voter entre un « fascisme light » et un « fascisme hard ».

Pourtant, la majorité ne démord pas, elle serait une alternative de fond au projet lepéniste et du capitalisme dans toute sa splendeur. Ainsi, lorsque nous regardons les programmes économiques et sécuritaires, il n’y a pas vraiment de changement de fond. La seule chose qui change dans les faits se situe sur la position géopolitique. En effet, le parti présidentialiste s’inscrit dans une défense du « monde Occidental » alors que le parti de Marine Le Pen s’inscrit dans la défense du « monde Russe ». Toutefois, les valeurs démocratiques de ces deux adversaires tendent à s’ancrer dans une certaine convergence au vu de la répression des différents mouvements sociaux, de l’autoritarisme et de la vision arbitraire qui s’en dégage. La démocratie qui en résulte n’est pas forcément celle qui est prônée. Ainsi, nous avons eu le droit à différentes lois toujours plus dures en ce qu’il concerne les travailleurs et les mouvements sociaux.

Sur la question de la laïcité, la défense d’une vision « fille aînée de l’Église » de la France au nom de valeurs solidement ancrées dans des partis sous-marins comme le « Printemps Républicain » se traduisent par un racisme anti-musulman et antisémitisme de fond. De ce fait, on pourra tout de même dire qu’il y a une volonté très assumée de se servir d’une laïcité pour mieux la détruire de l’intérieur afin de créer une vision austère et pro-catholique. Le sursaut républicain provenant des Versaillais face aux héritiers de la « Commune de Paris » ne sera qu’une illusion puisque le républicanisme bourgeois se transforme en fascisme en temps de crise. Les Thiers et Cie se traduisent aujourd’hui par Castex et Lallement. Dans ces conditions, la République ouvrière tant chérie par les travailleurs du monde entier se concrétise doucement par une vision allant vers une « révolution fédérale ». La « république fédérale » se traduit comme une espérance pour tous les ouvriers du monde afin d’acquérir une plus large autonomie.

Le « monde d’après » que l’on imaginait ne sera pas tellement celui du « progrès » si rien n’est fait pour arrêter la vague réactionnaire et obscurantiste dans lequel nous sommes confrontés de jour en jour. Pour en finir avec cette dernière, il convient de créer un vrai mouvement des travailleurs ancré dans la lutte des classes aux antipodes du réformisme avec un programme de transition du capitalisme vers une société socialiste tout en créant une démocratie gérée par des salariés et des ouvriers. Dans ces dimensions, le marxisme peut paraître poussiéreux, mais les thèses n’ont jamais autant été d’actualité, notamment dans l’analyse matérialiste.

0:00
0:00