En ce moment

Titre

Artiste


À propos de Keny Arkana et le point de Godwin (version longue)

Écrit par sur 01/07/2021

Stickers de Keny Arkana

Stickers de Keny Arkana

Keny Arkana s’est lancée contre le « pass sanitaire » après s’être mobilisée contre les vaccins au nom d’une argumentation tournant autour de la « loi de Godwin ». À dix mille lieux d’un hip-hop critiquant la société pour amener le progrès, le rap complotiste se situe dans une critique de la société afin de soutenir structurellement le capitalisme. Évidemment, il ne s’agit en aucun cas d’émettre des regrets en ce qu’il concerne son morceau violences masquées. Suite à la polémique, nous continuons à argumenter sur la longue dérive au sein de la complosphère. Évidemment, nombreuses seront les personnes à nous accuser de faire le jeu du gouvernement et de sa politique ultralibérale. Pour autant, il semble nécessaire de voir que les sources d’informations s’inscrivent dans la sphère de la « réinformation » et clairement antivaxs.

Dans ce contexte, n’a-t-elle pas nécessairement une vision assez critique en ce qu’il concerne ses prises de positions ? Ce n’est plus « la rage du peuple », mais bien la « rage des capitalistes » (sic). En effet, en courant derrière une vision aux antipodes du progrès, on peut douter déjà des textes comme cinquième soleil. À l’époque, l’artiste croyait déjà à la théorie du « Nouvel Ordre Mondial » (« Nouvel Ordre Mondial, fusion de terreur »), les références au maçonnisme sont également bien présentes (« Confréries et business en haut de la pyramide »), l’enfant Indigo (« Espoir indigo, les pléiades nous désignent ») éponyme de la chanson, les références à « Machama » si loin du matérialisme (« Même Terre-mère est malade, mais Terre-mère résiste »), etc. Toutefois, nous ne sommes pas là pour remettre l’ensemble des chansons puisqu’il y aurait de quoi dire. L’origine de ce complotisme très mal avec les théories « new age » ne date pas d’hier.

La grande résistance ne se fera pas vraiment en ce qu’il concerne un agglomérat de théories hors-sol. Certainement croyante, Keny Arkana construit son propre monde. La position liée à sa position antivax n’est que la conséquence en ce qu’il concerne ses références vis-à-vis du « Point de Godwin ». Ainsi, nous assistons à des références vis-à-vis de la Waffen-SS pour faire croire que ce gouvernement s’inscrirait serait « nazi ». C’est typiquement reprendre en chœur les différents leaders du mouvement de « RéinfoCovid » qu’elle fait la promotion également. Ainsi, la dérive vers un hip-hop qui n’a rien de conscient, mais bien ancré vers un style clairement à l’extrême-droite. La lutte des classes n’est plus sa priorité. Qu’importe ! Elle se bat pour l’ultralibéralisme à la Trump, à la Bolsonaro ou encore Òrban.

Il semble plus que nécessaire de voir que le flux que nous avons au Printemps de personnes radicalisées jusque dans les messages privés s’inscrivait dans cette dérive sectaire. D’ores et déjà, il ne suffit pas de faire des concerts sur la « ZAD » pour être dans la « mouvance altermondialiste ». Entre les lyrics et certaines punchlines se trouvent des références clairement ancrées au sein de l’extrême-droite la plus radicale. La dérive d’un « hip-hop de classes » vers un « rap flottant » comme un encéphalogramme plat en dit long sur les choix pris ces dernières années.

L’accélération de cette descente vers le « rejet du progrès » s’était intensifiée lorsque Keny Arkana de Marseille avait fait l’apologie du mouvement des « Gilets Jaunes ». En effet, ce mouvement n’était autre qu’une émanation de la petite-bourgeoisie, du petit-patronat et de l’extrême-droite poujadiste. Le capitalisme peut se tenir debout, il a trouvé une représentante afin de défendre ses intérêts tout étant subversif.


Continuer la lecture

0:00
0:00