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L’Extrême-droite : Combattre ou débattre ?

Écrit par sur 27/09/2021

L’extrême-droite et la gauche mitterrandienne se sont affrontées sur les plateaux de BFM TV. Eric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon ont débrayé leurs arguments afin de montrer deux programmes aux antipodes. Le débat fait certes partie de la politique. Cependant, l’épineuse problématique sort de la question de la promotion des idées de la « droite alternative ». En mettant les idées d’une France ultranationaliste sur le devant de la scène, la participation ne permet pas en aucun cas de déconstruire l’extrême-droite. En effet, la question de donner une tribune pour étaler l’ensemble de la pensée du pseudo-journaliste interroge et questionne. La problématique s’inscrit dès lors dans combattre ou débattre ?

La vision antifasciste ne se discute pas ces évènements là. Chaque fois que l’extrême-droite dispose d’une tribune pour y déposer ses arguments, elle génère et maîtrise l’agenda politique pour les mois à venir. Dans ce cadre, elle a le monopole du débat politique. La contrecarrer réside de l’empêcher par tous les moyens possibles et imaginables. La question de la censure se pose. En effet, la volonté de refuser des espaces d’expression publique génère d’une certaine manière de protéger ce qu’il en reste de la démocratie française. Partout où le néofascisme s’installe comme en Russie ou en Hongrie. La démocratie recule au profit d’un régime autoritaire comme les libertés individuelles et collectives.

Sous le cache-misère de l’extrême-droite de vouloir rétablir la démocratie, la vision d’un régime hybride se dresse. La question fondamentale sous couvert de l’expression « libertés, libertés chéries » se traduit par un slogan que la « sécurité est la première des libertés » pour reprendre la phraséologie de Jean-Marie Le Pen. De ce fait, la convoitise du pouvoir tend à créer une certaine tension. La revanche des adorateurs de Vichy pèse de plus en plus dans le débat.

Ensuite, La France a un lourd passé avec l’extrême-droite au pouvoir exécutif. La dernière fois que cela s’est produit, c’était sous Pétain. Chacun verra à sa porte de ce que cela représente. D’autant plus qu’Éric Zemmour se réclame du Pétainisme. Le barrage républicain semble prendre l’eau en flux continu. Il semble nécessaire de stopper la progression de l’extrême-droite. 

Les enfants de Montretout changent la forme de la campagne, mais les idées sont très présentes. Il ne suffit pas d’un ravalement de façade pour croire que l’extrême-droite aurait changé. Au contraire, la volonté résume à faire du neuf avec du vieux. Nous voyons très bien ce qu’il se passe dans les pays où l’extrême-droite s’est installée. Pour la déloger et remettre en place l’Etat de droit, une lutte impressionnante se réalise. Sous la capuche se trouve comme le bras droit armé : les milices identitaires et néonazies. De telles sortes que rien ne change. Les enfants de Pétain veulent le pouvoir par les urnes pour mieux installer une forme de dictature soft avec des élections.

Il semble nécessaire de voir que la droite extrême gouvernementale se base également sur ces principes. Bonnet blanc ou blanc bonnet, nous pouvons dire que d’une extrême-droite à une autre, les rhétoriques sont certes différentes, mais la finalité reste la même. La classe dominante sait où mettre ses pions sur l’échiquier politique afin qu’elle soit satisfaite des programmes économiques. Dès lors, la question du fascisme n’est certes pas la priorité. Elle devient une alternative au moment où les luttes sociales deviennent intensives. En effet, la bourgeoisie sait désormais qu’elle peut compter sur Eric Zemmour, Marine Le Pen ou encore Valérie Pécresse comme Xavier Bertrand. Le programme d’austérité qui attend la France sera d’une certaine manière une forme de Troïka d’une violence inouïe.

La question de remettre les finances en ordre de bataille afin de laisser une économie davantage libéralisée suggère des mémorandums. Nous le savons très bien que cela génère de grandes récessions, du chômage, de la dette supplémentaire, etc. L’exemple de la Grèce, dont le niveau de vie continue de chuter montre la violence ambiante. L’extrême-droite ou droite extrême de Paris à Athènes pose les mêmes valeurs, la même conception et surtout la même catastroïka. Ainsi, pour couper l’herbe sous les pieds, il semble nécessaire de refuser d’une manière ou d’une autre les différentes promotions de l’esprit passéiste qu’ils mettent en avant. Dès lors, la vision découle d’une certaine nostalgie pour la France éternelle. Or, cette dernière s’inscrit dans un concept où le rayon de la France devait atteindre son paroxysme.

Qu’en est-il des minorités ? Il se passe à un moment donné une vision de soumettre les minorités religieuses, ethniques ou LBTIQIA+ à la fameuse question de l’assimilation. Une forme de paternalisme se tient dans un recoin qui pense qu’il faille passer les idées de la Nation au-dessus des individus. Cette forme s’inscrit typiquement dans un totalitarisme au sens que cela permet une déshumanisation de fond. Au moment où les conservateurs dominent, il semble nécessaire de mettre les éléments en avant. Il faut dire les choses : Zemmour et Le Pen n’ont pas de programme de fond si ce n’est que la discrimination et les déportations des réfugiés.

Tant que c’est bon pour le patron ou les actionnaires alors tout est réalisable. L’extrême-droite est une roue de secours en période de crise. Nous l’avons vu au travers de Donald Trump aux Etats-Unis d’Amérique. Nous n’avons rien à tirer de tel débat. Jean-Luc Mélenchon se déshonore. Nous n’avons rien à gagner de voir deux modèles s’affronter que l’on savait déjà.


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