Le crash du groupe Facebook à celui du web

Le crash du groupe Facebook à celui du web
Photo by Alexander Shatov on Unsplash

Le bug concernant les réseaux sociaux (Facebook et Instagram) et les messageries (Messenger et WhatsApp) questionne notamment notre approche vis-à-vis d’Internet.

La question d’être dépendant à ces sites internet soulève de nombreuses questions. En effet, une partie du web tourne directement autour de ces services primaires ou dérivés. Il s’agit d’un nœud important de la toile où une partie des données converge au travers de ces derniers. La centralisation d’Internet pousse de nombreuses questions, dont l’autonomie des entreprises, mais aussi des différents Etats (notamment dans la souveraineté). Dans ce sens, la communication est le moteur clef de notre société et s’est retrouvée totalement annihilée en l’espace de quelques heures.

Les nombreux serveurs ont créé une véritable dissension à l’heure des réseaux sociaux. Dès lors, l’interrogation convient de souligner que nous sommes — d’une certaine manière — pris entre le marteau et l’enclume. Un jour, il viendra de parler de l’émancipation de ces derniers.

Par ailleurs, il semble plus que nécessaire d’ouvrir la porte à des serveurs décentralisés. Pour autant, la dynamique ne s’oriente pas dans cette voie-là. De ce fait, nous assistons à une opération concernant le changement de paradigme des pionniers de l’internet. L’outil a été déformé de son ambition originelle. Nonobstant les différentes observations pour les partisans d’un Internet libre, nous allons progressivement vers un Internet contrôlé par les opérateurs, les distributeurs et les hébergeurs (ainsi que de nombreuses administrations de régulation d’Internet). L’empire du côté obscur géré par le privé réalise une politique clairement plus dangereuse en opposition aux sociétés publiques. En effet, le privé a une grande volonté de générer des profits à tout-va s’inscrit également dans une forme d’idéal libertarien. Évidemment, nous n’allons pas nationaliser les serveurs d’hébergement des sites internet de centaines de millions d’utilisateurs. Cela serait archaïque. Un fiasco se crée sous nos yeux. Nous ne sommes que témoin de la partie émergée de l’iceberg.

C’est le capitalisme, c’est une machine à faire de l’argent. Les utilisateurs sont les produits d’une vitrine pleine de service. La recherche absolue concernant les profits et les dividendes laisse entrevoir la triste réalité de ces entreprises au faible taux d’imposition. En faisant-fi sur la sécurité des infrastructures, le groupe Facebook s’inscrit dans une dynamique où sa chute ne serait trop tardée comme ce fut le cas pour “MySpace”.

Le cataclysme durant près de six heures devrait d’une manière ou d’une autre changer la donne, dont nous nous servons des outils du numérique. Les mots d’excuse du patron de Facebook ne devraient pas être pris comme une simple panne. Il s’agit d’une structure en train de s’effondrer. Les rouages commencent à couiner, le début d’un cataclysme se prépare. La question d’un fiasco mondialisé permet de voir les problèmes que cela crée.

De nombreuses personnes peuvent railler l’époque du “minitel”, mais en l’occurrence l’internet se construit sur le fonctionnement du minitel. La décentralisation des serveurs faisait la force du “world wide web”. Pour autant, la démarche lancée actuellement au travers de la construction de datacenters laisse perplexe. À ce rythme, nous sommes dans l’ère du “web 2.0”. Oui, Internet est mort, vive le minitel à l’ère du numérique et de la fibre optique. La centralisation et la concentration des données au niveau des hébergements et d’instance en tout genre convient de souligner que le moindre problème sur un serveur crée des remous un peu partout sur la toile. Il s’agit d’une onde de choc. Pour autant, à l’heure de la révolution numérique, la nostalgie ne devrait pas s’imposer. Pour autant, le passé révolu d’une époque des années 70 à 90 semble bien recommencer les mêmes erreurs.

Concernant les problèmes de la centralisation d’Internet, nous en avons déjà parlé dans un article à propos d’OVHCloud. Dès lors le groupe Facebook s’inscrit sur une pente dangereuse.

Enfin, les utilisateurs des réseaux sociaux non impactés par cette panne raillaient les membres au travers des tags #Facebookdown ou #Instagramdown. Toutefois, ils ne sont pas à l’abri d’une autre panne sur Twitter et bien d’autres. La centralisation d’Internet restera le fléau qui mènera d’une manière ou d’une autre à l’effondrement structurel du “web 2.0”.

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