PiS et UE, le bras de fer continue

PiS et UE, le bras de fer continue
CJUE - Pologne & PiS vs UE / AFP

Le PiS et ses juges constitutionnels se contentent d’une décision de la cour suprême qui remet en cause les bases du droit communautaire. Dans cette circonstance, la notion de « souveraineté nationale » apparaît dès lors en contradiction avec la « souveraineté européenne ».

L’Union Européenne, tu l’aimes ou tu la quittes pour paraphraser le discours de ceux qui veulent une certaine forme de « Polexit ». Le PiS se contente de retrouver une forme insensible à un ultranationalisme. Pour autant, la question de l’État de droit en dit long sur ce qu’il se passe dans ces pays de l’Est.

Le Cours de Justice de l’Union Européenne n’a pas attendu jusque-là pour rendre une décision mettant une pression assez légère finalement avec une astreinte d’un million d’euros afin que la Pologne retrouve rapidement l’État de droit. Le PiS s’est exclamé au travers de son bras droit : « Nous n’avons encore rien payé ». Une ambiance finalement décontractée règne en apparence. Dans l’arrière-boutique, la Pologne risque de perdre des milliards au niveau du plan de relance mettant notamment sous pression son économie.

Après la chute du « socialisme étatique » et des dictatures soviétique, l’aspiration vers la démocratie apparaissait comme nécessaire, et même digne. Toutefois, la rigueur libérale et sa violence inouïe permettent de caractériser que la « révolution ultraconservatrice » s’inscrit dans une forme de réaction liée à « la planification néolibérale ». Le socialisme étatique n’a pas fonctionné, le néolibéralisme a appauvri une partie de la population alors il reste le pendant de la version stalinienne du capitalisme : l’illibéralisme. Cette doctrine, liée à la « vision néoconservatrice, permet d’une certaine manière de garder le « cap néolibéral » d’un point de vue économique, voir ultralibéral, mais s’inscrit dans une dynamique antilibérale sur la question des valeurs philosophiques. On peut dire d’une certaine que le PiS est l’antagonisme des « Lumières ».

Ainsi, il semble plus que nécessaire de voir que la Pyramide de Kelsen classique qui est apprise dans les cours de droit à la faculté oublie d’une certaine manière que le droit communautaire se situe au-dessus des décisions de la cours suprême de Pologne. De plus, en intégrant l’Union Européenne, la Pologne a dû réaliser des modifications constitutionnelles afin de s’assurer de la primauté du droit communautaire sur le droit intérieur comme l’a d’ailleurs fait la France au travers des modifications dans le cadre du traité de Maastricht. Dans le même temps, la question de la « séparation des pouvoirs » — une valeur propre au « libéralisme » — permet de voir qu’in fine la Pologne au lieu de réaliser un « bon en avant » sur l’aspect démocratique, a réalisé une grande régression.

Dans le même temps, la Pologne a besoin de l’Union Européenne pour son développement économique, notamment dans le cadre des subventions s’inscrivant dans le cadre de l’intégration de la Pologne au sein de l’Union Européenne. Pour autant, la grande question et le défi que pose très clairement le PiS s’inscrit dans les valeurs qu’elle promeut. Ainsi, le bras de fer s’inscrit également dans la protection des minorités comme les personnes LGBTI+ ou les réfugiés. De telle sorte, il convient de souligner qu’à un moment donné, le PiS a beau tout faire pour se positionner en opposition vis-à-vis de Moscou d’un point de vue géopolitique. Il semble nécessaire de souligner que d’un point de vue des mœurs, le PiS et Moscou partage la même vision.

Le danger de ce néofascisme en dit long de la façon, dont nous devons absolument réagir avec pragmatisme. Il ne s’agit point non plus de sous-entendre d’aller dans le zèle d’un « souverainisme national » pour aller vers un « souverainisme européen » aux relents d’un nationalisme. La clairvoyance permet de voir que le « chauvinisme » et le « repli sur soi » lié à la « révolution néoconservatrice » constitue d’une autre façon sous-entendre qu’elle est d’ores et déjà une abstraction du tout progrès.

Il apparaît d’une façon très claire et très pragmatique d’alerter sur le sort des Polonais pris très clairement en grappe par le gouvernement polonais. En effet, si l’Union Européenne a tout de même un certain nombre de défauts et nécessite des réformes structurelles profondes de l’intérieur afin de la démocratiser de fond en comble sur le modèle d’un « fédéralisme intégral, certes utopique à l’heure actuelle. Il semble plus que nécessaire de rassembler les peuples européens autour d’un projet permettant clairement de barrer la route à ces populo-poujadistes.

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