Pologne : le PiS s’attaque aux réfugiés

Pologne : le PiS s’attaque aux réfugiés
Photo by Cole Patrick on Unsplash

En Pologne, le PiS s’attaque aux réfugiés au profil d’une crise orchestrée par le dictateur Biélorusse. La situation est explosive. Loukachenko souhaite par tous les moyens faire pression sur l’Union Européenne et les ultraconservateurs polonais appliquent d’une façon ou d’une autre la théorie de l’Europe Forteresse.

Au nom du « grand remplacement », une théorie néo-nazie de Renaud Camus, le gouvernement Polonais bloque près de 4 000 réfugiés à sa frontière. Une théorie mise en avant par de nombreuses nébuleuses d’extrême-droite. Le complotisme lattant en dit long des politiciens qui y croient, telle un enfant au père Noël. Il y a un danger. Ce livre peut être considéré d’une certaine manière comme le nouveau « Mein Kampf ». Des personnalités qui se revendiquent républicaines au travers d’Eric Ciotti laissent voir que le « barrage républicain » a sauté. Être républicain au XXIème consiste à défendre le progrès partout où il est possible y compris en faisant un « front progressiste » contre toutes les idées d’extrême-droite, mais aussi d’une certaine manière de soutenir davantage l’Europe.

Au moment où l’Union Européenne compte près de 500 Millions d’habitants, la volonté de voir une « invasion migratoire » se traduit par une volonté assez abjecte de laisser ces êtres humains au bord de l’Europe. L’Union Européenne avec des barbelés et des miradors ne doit pas ressembler à une prison. Ouvrir les frontières reste une logique clairement progressiste et humaniste. Le contraire s’inscrit dans une vision de la culture de l’entre-soi. Cette dynamique de l’entre-soi culturel se traduit par une vision ethno-différentialiste. La peur et les craintes signées sous le populisme tendent d’une certaine manière de voir que la tentation totalitaire reste présente. La Pologne n’en a pas terminé de défaire son passé totalitaire, c’est-à-dire nazi comme stalinien.

Le PiS admet faire la même politique qu’Erdogan en Turquie. Les ultraconservateurs, c’est-à-dire les fondamentalistes chrétiens et musulmans admettent qu’ils ont la même vision du monde : religion partout, progrès nul part.

Ensuite, l’Union Européenne n’est simplement une vache à lait, mais elle est aussi un projet, une dynamique et un espoir afin de bâtir le fédéralisme sous une République. Dans ce sens, le gouvernement Polonais déteste l’Union Européenne tout comme la Hongrie de Viktor Òrban. Le Brexit clairement catastrophique donne le ton de la vision apocalyptique qui attend les Polonais si le gouvernement joue la carte du « va-t-en-guerre ». L’Union Européenne ne s’inscrit pas dans cette logique. Initialement, la CECA a été créée afin de fédérer les nations sur des projets communs et souder les liens au travers des « libertés économiques », puis s’est transformé en un ensemble de traités qui ont renforcé la démocratie en Europe. Or, depuis les années 2010 – 2015, la volonté de l’intégration des pays de l’Europe de l’Est s’est traduite par une hausse de la « droite nationaliste ». Ainsi, l’intégration se poursuit, mais concentre une grande réticence. Le nationalisme, c’est la guerre contre les réfugiés.

Les frontières extérieures ne devraient pas être soumises aux nations propres, mais à la gestion de l’Union Européenne. L’intégration dans ces conditions interroge sur le fond de savoir si la Pologne souhaite le « Polexit » ou bien elle accepte les conditions actuelles. Une nouvelle doxa doit émerger afin de créer une véritable politique d’asile et d’accueil. La question des valeurs humanistes s’inscrit dans cette dynamique. Sinon, l’Europe finira par sombrer progressivement dans la logique totalement hybride. L’Europe doit donner de l’espoir et porter des valeurs claires, réalistes et pragmatiques.

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