Le nucléaire civil fait son retour en force

Le nucléaire civil fait son retour en force
Photo by Thomas Millot on Unsplash

Le nucléaire, suite aux débats de la COP26, est revenu en Force dans le débat français dans le cadre de la transition écologique. Près d’une dizaine d’années se sont écoulées depuis la catastrophe de Fukushima. L’objectif « zéro carbone » a mis en avant le nucléaire comme solution pour l’atteindre. Pourtant, si le nucléaire apparaît clairement incontournable pour le moment, nous sommes en mesure de nous interroger sur les déchets de l’industrie nucléaire civil.

L’industrie nucléaire comme pivot de la transition écologique fait grincer les dents de nombreuses associations comme « sortir du nucléaire » ou encore « Greenpeace ». Sur certains points, ils auraient considérablement raison. Pourtant, la raison s’inscrit dans un autre paradigme : il faut accélérer les industries en faible émission de carbone afin d’enrayer les énergies renouvelables. En effet, le « mixte énergétique » français s’inscrit dans une forte dépendance de la fission des atomes. Dès lors, la bataille concerne de moduler ce mixte afin de privilégier dans un premier temps les productions permettant de réduire les émissions de gazes à effet de serre. Pourtant, le parc nucléaire français commence sérieusement à vieillir. Les réacteurs, dont la durée limitée à 40 ans commence progressivement à s’approcher de la nécessité d’un démantèlement. Pour que la France et l’Union Européenne puissent être autonomes vis-à-vis des énergies, la construction de nouvelles centrales devient nécessaire.

D’une façon pragmatique, la sortie du nucléaire n’est plus à l’ordre du jour. Dans une société où la consommation d’électricité augmente d’année en année, il semble nécessaire d’adapter l’offre par rapport à la demande. Il semble dès lors fondamental de voir que l’indépendance énergétique va constituer une pierre angulaire dans les choix pour les générations futures. De telles sortes, les menaces et intimidations de la Russie, la Biélorussie ou encore la Turquie démontre sciemment que la transformation d’un paradigme s’illustre dans le fait d’être autonome. Les chantages des dictateurs ne seront plus à l’ordre du jour. Ils peuvent fermer les vannes du gaz ou du pétrole, mais ils ne mettront pas à terre les différents pays. Ainsi, la transition vers un modèle basé sur l’électricité durable comme moyen de source fondamental au développement de la transition énergétique nécessite des unités de production supplémentaires. Dans le même temps, il va falloir questionner de fond en comble l’utilisation du « véhicule individuel ». En effet, l’augmentation des véhicules hybrides et électriques demandera une augmentation rapide de la production. Toutefois, le problème de l’exploitation des mines dans des conditions nauséabondes pour le stockage des batteries posera tôt ou tard la question d’une transition éthique. En effet, la pollution générée par l’industrie des batteries soulèvera également la notion visant à déplacer et à externaliser les problèmes hors de l’Union Européenne.

Cependant, une société sans nucléaire serait préférable dans l’absolu. Les programmes de certains candidats à l’élection présidentielle s’inscrivent tout bonnement vers une sortie immédiate. Le démontage des centrales nucléaires créera des emplois pour une durée indéterminée. Sur le volet de la construction d’énergie renouvelable, la nationalisation devient dès lors fondamentale. Ainsi, le pilotage par l’État de la transformation du « mixte énergétique » nécessite de créer rapidement des unités de production comme les éoliennes (sur la terre comme en mer), des hydroliennes, des panneaux photovoltaïques, etc. Le coût de l’électricité augmentera dans un premier temps, mais d’une façon tendancielle, ils baisseront, car l’offre électrique sera supérieure à la demande.

Toutefois, le nucléaire civil se transcrit également par une vision à moyen terme. La construction de nouvelles centrales ne doit pas devenir un fiasco comme à l’EPR de Flamanville. Il ne faut pas douter que les lieux sélectionnés pour la prochaine gouvernance risquent de se transformer comme la lutte de « Plogoff ». La planification d’une transition écologique risque de cristalliser les personnes concernant la vision pragmatique et réaliste qu’impose cette solution. L’industrie de l’atome reste en évolution permanente. Ensuite, il faudra certainement clarifier à long terme : le stockage des déchets liés à l’industrie nucléaire. En effet, si le nucléaire apparaît propre, il semble nécessaire de voir que le traitement de ces derniers pose une question salvatrice : faut-il d’autres réacteurs utilisant les déchets afin d’être dans un processus de recyclage. Ainsi, il apparaît fondamental que si la transition vers une société décarbonée reste nécessaire pour lutter contre le réchauffement climatique, le recyclage des déchets radioactifs.

Quant à la grande nationalisation, il semble nécessaire de garder à l’esprit que la libéralisation et la privatisation du marché de l’énergie augmente in fine les coûts en raison du marketing, des publicités, des actionnaires, etc. La hausse se traduit dans les faits pour une baisse du pouvoir d’achat et de la généralisation progressive de la précarité énergétique. Ainsi, l’électricité doit être déclarée comme une énergie faisant d’elle : un droit fondamental et inaliénable. Le travail risque d’être particulièrement long et demande une vision sur les 100 prochaines années au travers d’une transition écologique, sociale et solidaire.


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