CAB n°9 | Pour une Union Européenne sociale

CAB n°9 | Pour une Union Européenne sociale
L'Union Européenne est devenu un enjeu majeur pour développer les thèses socialistes et communistes

L’Union Européenne est devenu ces derniers temps un enjeu majeur. Dans un de ses discours, Roxa Luxemburg démontrait l’interconnexion entre les économies des différents pays. C’était un siècle en arrière. Un atelier qui ferme à l’autre bout du monde, une délocalisation, etc., constitue un dérèglement sur l’ensemble du globe. De telle manière, la vision économique de l’économie s’ancre dans une vision supranationale.

De nombreux changements seront à venir dans les prochains trimestres. Les travaux concerneront sur l’association, la boutique, le discord, le webzine, la webradio (liste non-exhaustive). Notre projet initial s’est clairement éloigné de ce que nous voulions. De cette manière, il semble nécessaire d’en parler à tous.

D’ores et déjà, nous allons poursuivre nos différents travaux concernant les archives. Elles se font au compte-goutte. Il y en a des centaines d’heures de travail. Ainsi, nous ne sommes pas certains de toutes les travailler en quelques mois. Cela prendra concrètement plusieurs années. Et la radio ? Il y a sans doute une raison pour qu’elle n’émette plus : un problème de hardware et de logiciel. Il y a également un outil que nous aimerions mettre en place : un Discord. Toutefois, cela demande énormément de temps afin de mettre en avant un véritable service de chat. Et tout cela de façon parallèle.

Révolution et Libertés comme outil d’expression a toujours eu un esprit contestataire et intellectuellement orienté à la base sur une vision alternative concernant l’Europe. Notre slogan est né de la confrontation des peuples dans une boucherie sans nom qui fut la « Grande Guerre ». Oui, la guerre des tranchées était barbare. Aujourd’hui, les peuples en Europe ne voient pas réellement les bienfaits de ces dernières. Ainsi, l’idiot du village pense lutter contre « das system », mais ne comprend pas finalement qu’il reproduit un schéma dangereux : la guerre entre les peuples.

Si nous partageons de nombreuses critiques sur l’Union Européenne. Dans la position actuelle, il semble nécessaire de concéder que le logo sera certainement modifié dans les trimestres qui vont venir. Le marteau et la faucille ne seront, en aucun cas, enlevés. Mais l’idée d’y rajouter une connotation pro-européenne se mettra en place. Les débats sont lancés.

Par le passé, nous avons été très durs avec l’Union Européenne, notamment sur la question des cures d’austérité et des différentes Troïka, notamment en Grèce. Mais voilà, le temps passe, nous approchons d’une crise structurelle inhérente au capitalisme et d’une possible chute des marchés dans les jours qu’ils vont venir. Cela rappelle très bien les travaux de Karl Marx. Il est l’heure d’anticiper cela afin que cela n’amplifie pas la crise sanitaire et sociale que traversent les pays de l’Union Européenne. Aujourd’hui, la donne a changé : la crise de la dette souveraine s’éloigne comme un mirage. Pour autant, les indices sont au rouge.

Je pense sincèrement que le rejet du traité constitutionnel avec une prise de recul apparaît comme une grossière erreur. Une constitution européenne aurait permis certes d’augmenter le néolibéralisme en France avec ses ravages, mais elle aurait permis de créer les Etats-Unis d’Europe. Cela n’est pas rien. En ce moment, nous prenons un énorme retard dans l’intégration afin d’accélérer la transition vers un modèle non pas français, mais européen.

Et l’abandon du communisme ? Non, il ne s’agit pas d’abandonner nos valeurs et encore moins d’en devenir une vision réformiste s’inscrivant dans le caractère social-démocrate (se terminant par un néolibéralisme avec une pointe de progressisme). Pour autant, le « social-libéralisme » de Stuart Mill apparaît fondamentalement comme une aubaine. Pourquoi dès lors défendons-nous le communisme, mais « en même temps », nous nous fixons comme cap les outils permettant d’effondrer le capitalisme de l’intérieur. Le passage vers une société « post-capitaliste » devient le let motiv.

L’Union Européenne est un rempart contre les différents populismes. Toutefois, son organisation structurelle demande à être revue de fond en comble. Nous sommes dans un esprit fédéraliste à Bruxelles. Fédérer souligne s’unir. Fédérer consiste à casser les frontières internes. Fédérer réside d’avoir un seul et même modèle social avec des lois universalistes. Or, nous sommes vraiment loin de ces éléments. L’Union Européenne actuelle traverse une crise majeure. Si son rôle permet l’intégration des pays, la question surtout : intégrer un pays, mais à quel prix ? En Pologne et en Hongrie, le PiS comme le Fidesz montre que les sommes versées sont détournées pour accélérer une transition vers un modèle aux antipodes de l’Union Européenne. La notion de mettre en avant une autre ligne visant à organiser de façon structurelle l’unité des peuples permettra de stopper l’illibéralisme en Europe. 

Dès lors, la question de notre citation « les guerres sont des phénomènes barbares » prend son sens. Si la guerre n’a plus lieu avec les armes, elle a lieu avec les outils économiques. La réalité : les peuples au sein de l’Union Européenne se font la guerre. Elle est sociale, fiscale et économique. Le communisme réside comme une porte d’avenir. Les « libertés économiques » ne permettent pas d’une façon ou d’une autre de rapprocher les peuples. La solidarité, base fondamentale a laissé sa place à « l’individualisme méthodologique ». Or, cet individualisme poussé jusqu’au bout mène substantiellement à une réaction délétère. Il semble nécessaire de voir que nous avons besoin de nous positionner en-dehors de cet individualisme. Ainsi, il semble nécessaire de casse tous les codes.

Ensuite, le chauvinisme montant dans des ordres de grandeur importante au sein de l’Union Européenne demande à faire des choix et concessions pour un avenir meilleur. Ainsi, la théorie que met en avant les staliniens du « socialisme dans un seul Etat » prend très vite l’eau lorsque la marée brune déferle pays après pays. L’extrême-droite tout comme la lepénisation des esprits se diffuse progressivement au sein de toute la société. L’espoir qui reste pour les progressistes devient de plus en plus mince.

Dans ce sens, il apparaît d’une façon évidente que la restructuration de notre vision doit aussi coller avec ce qu’il se passe dans le « monde politique ». En effet, la notion même d’être objectif et réaliste permet de poursuivre une vision pragmatique. Nous aspirons à quelque chose d’inédit : le communisme en Europe. Loin de cette notion, nous sommes à la fois communistes et à la fois européistes. Dans ce sens, nous sortons de la logique claire de tout ce qu’il peut se trouver tant à gauche, tant à droite. Nous portons un projet novateur, progressiste et de facto radical. Au moment où la montée des populismes se fait sentir en attaquant sans cesse l’Union Européenne de tous les maux, nos analyses constituent une porte de sortie.


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