Cannabis | Une légalisation en Allemagne

Cannabis | Une légalisation en Allemagne
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La légalisation du cannabis en Allemagne risque de déclencher les foudres des conservateurs et des réactionnaires en France. Pour autant, il s’agit d’une mesure juste, adaptée et pragmatique. En effet, il convient de souligner qu’à partir d’un moment où la prohibition ne fonctionne pas, l’encadrement avec une politique de prévention permet de sortir de la spirale autoritaire et sécuritaire. Nous en avons déjà parlé dans nos archives, même si notre positionnement a évolué. La France s’inscrit toujours en retard concernant l’évolution des mœurs. En même temps, Darmanin n’est-il pas un ex-ministre de Nicolas Sarkozy ? La droite radicale gouvernementale ne changera pas d’un seul iota. L’Allemagne nous montre le chemin à prendre dans le cadre du binôme actuel.

Le fait de lutter contre les drogues est une des premières motivations du gouvernement criminalisant dans les faits les usagers et les polytoxicomanes. Gérald Darmanin fait son beurre sur les victimes des réseaux narcotrafiquant afin d’effrayer les boomers. Ainsi, il convient de souligner que ces mesures clairement poujadistes, obscurantistes sont un danger pour les consommateurs. Au travers d’une loi pénalisant par une amende les fumeurs de cannabis, il va encore plus loin. La répression et la criminalisation des personnes dépendantes du cannabis rappellent d’une certaine manière la réplique totalitaire.

La répression qui s’en suit rappelle d’une façon ou d’une autre la longue prohibition de l’alcool aux Etats-Unis d’Amérique. De façon pragmatique, cette dernière n’a fait qu’augmenter le nombre d’alcooliques en raison d’un développement d’un marché noir. En France, ce n’est pas l’alcool que l’on prohibe, mais le cannabis. Nul ne pourra douter des effets notoires qu’il peut avoir sur le corps. Pourtant, ce n’est pas de l’alcool frelaté, mais un réseau de stupéfiants mettant la grappe sur les polytoxicomanes. Dans ce sens, la prohibition s’inscrit nettement plus dans une croyance, un dogme et du charlatanisme afin de faire perdurer un statu quo qui arrange les chiffres du ministère de l’Intérieur.

Cependant, la réalité s’inscrit dans une vision totalement obscurantiste. En effet, il semble nécessaire de voir que l’ouverture du monde des drogues pourrait permettre de créer une véritable politique de prévention. Pourtant, les ayatollahs de la prohibition se sont fourré les doigts dans le populisme surfant avec les pires thèses d’extrême-droite quitte à s’inscrire dans une position validiste. Au moment de la mise en avant du meurtre de Sarah Halimi, les partisans de la prohibition se sont exclamés même devant le Parlement. La vérité : sans prévention, pas de sortie des personnes du trafic de drogue. Autant dire qu’il existe une histoire d’amour entre les narcotrafiquants et la politique prohibitionniste gouvernementale. Dès lors, il ne faut pas voir que les deux camps opposés en appareil s’y tiennent à une chose : faire des tunes et des lois plus sécuritaires. Les polytoxicomanes sont pris entre le marteau et l’enclume.

L’espoir renaît pour les personnes qui souhaitent voir une autre politique basée sur la prévention avec différents axes cohérents comme la construction de centres de cure sur des modèles fonctionnant loin du charlatanisme, l’aide aux associations qui jouent un rôle notoire dans la sortie des polytoxicomanes des différents trafics ou encore la mise à disposition de locaux pour se réunir, etc. Toutes les recettes doivent aller à la prévention. L’addiction est une maladie chronique reconnue à vie.


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