Guadeloupe : embrasement sur fond de crise sanitaire

Guadeloupe : embrasement sur fond de crise sanitaire
GUadeloupe : Barrage routier | Carla BERNHARDT / AFP

En Guadeloupe, reconnue comme un Département d’Outre-Mer (DOM), la situation est insurrectionnelle. Les émeutes sont présentes. Cette île, située dans l’Océan Atlantique proche de la mer des caraïbes, s’est soulevée brutalement contre les mesures liées à la crise sanitaire. Bien qu’elle soit considérée comme un territoire de la République, elle n’est en réalité que le vestige de la colonisation et de l’esclavagisme français. Dès lors, il existe une fracture vis-à-vis de la métropole.

Les différentes mesures sanitaires mises pour enrayer le développement du « coronavirus » s’inscrivent d’une façon ou d’une autre au sein de l’autoritarisme. Au lieu de convaincre et persuader la population de ces bienfaits à travers la pédagogie, Gérald Darmanin préfère envoyer le RAID comme le GIGN. Oui, les émeutiers (dont on ne partagera pas forcément le point de vue) sont considérés à la même hauteur que des criminels voire des terroristes. Dans ce sens, la situation ne peut que s’enflammer davantage. Le retour à la « paix civile » par la force ne fonctionne plus. D’ores et déjà, nombreux sont les partis à se ranger derrière le « sabre ».

On peut dire d’une certaine manière qu’il y a un échec de fond en ce qu’il concerne la gestion outre-métropolitain de la crise sanitaire. Le « pass sanitaire », dont chacun pensera ce qu’il en veut se transcrit par la volonté d’un contrôle de fond. Le Préfet annonce des mesures draconiennes comme l’installation d’un « couvre-feu ». Nous voilà revenu dans les pires périodes de l’Histoire contemporaine de la France. Or, ce n’est pas au travers des mesures autoritaires s’inscrivant dans un rôle colonial que la situation changera. L’insurrection a tout de même une volonté de voir la réalité de la vision : la méthode Darmanesque s’avère profondément inefficace tout comme la politique qu’il emprunte, c’est-à-dire celle de l’extrême-droite au travers de la « tolérance zéro ».

Comme disait le ministre de l’Intérieur, il convient de rétablir « l’ordre républicain » d’une République de plus en plus vacillante, mais aussi prompt à refuser les critiques. La Guadeloupe n’y échappe pas. Pourtant, la République ce n’est pas l’autoritarisme, la République ce n’est pas le militarisme, la République ce n’est pas Versailles. Le césarisme proche du pouvoir fait entre autres que le parti présidentialiste s’inspire d’appliquer les grandes théories du Césarisme. En ce sens, la Guadeloupe doit se plier aux injonctions métropolitaines. La République dans sa vision jacobine commence à sentir le « roussi ».

Le Parti Socialiste qui rêve de reprendre le pouvoir à travers Anne Hidalgo trouve cela insupportable tout en dénonçant les « violences » qualifiées « d’insupportables ».

Dans ce sens, il convient de souligner qu’il y a d’une certaine manière une volonté fondamentalement grande à aller vers un fédéralisme afin que l’insurrection puisse trouver une solution politique, pragmatique et adaptée.


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