CAB n°10 : Vers un eurocommunisme

CAB n°10 : Vers un eurocommunisme
Photo by Moises Gonzalez on Unsplash

L’eurocommunisme s’enracine dans une volonté de fédérer les partis communistes d’Europe. Dans l’Histoire, les liens ont été très forts entre le PCF, le PCI et le PCE (France, Italie et Espagne). À l’heure d’aujourd’hui, il semble nécessaire de souder sur un socle commun avec un projet européen supranational et pan-européen. Nous avons d’une façon ou d’une autre la volonté de modifier ce dernier afin qu’il colle à notre projet politique et à notre ligne éditoriale. Un communisme fortement implanté sans les organisations historiques communistes, n’est-ce pas un pari fou ? Nous ne nous reconnaissons pas dans les organisations traditionnelles.

L’histoire retiendra que « l’eurocommunisme » s’inscrit dans une démarche totalement futuriste. Ainsi, il semble nécessaire de faire le parti des Etats-Unis d’Europe. Cela choque à première vue. Toutefois, le travail semble considérable afin de mettre en avant les valeurs héritées du marxisme et des propositions communistes afin d’aller vers une « réelle intégration » et une « Europe sociale et solidaire ». Dans les faits, lorsque les communistes prennent le pouvoir : le niveau de vie de tous les travailleurs augmente. Toutefois, nous sommes bloqués dans le cadre de cette Europe-là. Une bifurcation s’impose. La solution ne peut-être nationale dans le cadre actuel.

Le logo actuel de Révolution et Libertés

La notion même d’un logo réside à identifier rapidement le propriétaire de ces derniers, mais aussi des valeurs qu’ils souhaitent mettre en avant. Nous avions travaillé en mars avec Laure Abonnel. Si les caractéristiques remplissent actuellement notre vision : la faucille et le marteau sous un fond rouge et noir. Il n’empêche que la bifurcation prise ces derniers mois s’enracine dans une logique fondamentalement européenne. Ainsi, la référence à l’Europe manquait. Cette Europe ne nous correspond pas telle qu’elle construite, nous partons sur un eurocommunisme. Toutefois, le projet final demeure intéressant.

Nous voulons participer à la création d’une Europe Fédérale. Celle-ci se traduit dans les faits par une volonté de créer un fédéralisme certes libéral dans un premier temps, mais surtout un fédéralisme anarchisant. Les deux n’ont pas les mêmes priorités. Aussi, nous voulons nous éloigner le plus possible du « centralisme démocratique » pour aller vers une société appliquant le « confédéralisme démocratique ». L’un se traduit par la question de faire perdurer le capitalisme avec ses lois, ses règles, ses codes et ses mœurs, l’autre se traduit par une approche fondamentalement éthique. Or, si nous voulons commencer à lancer ce vaste projet, il importe de se tourner vers le « projet fédéraliste » actuel, c’est-à-dire l’Union Européenne.

On entend déjà dire que nous nous sommes vendus progressivement au néolibéralisme, au diktat de Bruxelles et ses directives, etc. Nous le savons bien : nombreux sont les partis politiques à vouloir en découdre au nom de la « souveraineté nationale ». Les partis chauvins s’intéressent particulièrement à la Nation en tant qu’ensemble. Si l’utilisation du terme « national » fait polémique, il existe des raisons de fond. En opposant la « souveraineté nationale » à la « souveraineté européenne », cela se matérialise par une vision clairement dichotomique. Dans le même temps, les appels au « peuple » s’enracinent progressivement dans une forme de populisme tangible. De ce fait, la « souveraineté européenne » dans une dynamique « populaire » devient la véritable alternative pour changer de paradigme. Hélas, cela demande une refonte de fond en comble des traités, des règlements et des directives ainsi que des constitutions des Etats membres. Voilà « l’eurocommunisme » tel qu’il est défendu. Cela semble considérable et nous ne pouvons pas tout accomplir en une seule fois, mais nous savons où nous allons.

À quelques mois, des élections présidentielles et législatives, ne doutons pas un seul que l’Union Européenne sera une nouvelle fois victime des théories farfelues et clairement europhobes/eurosceptiques. Dès lors, notre positionnement ne peut que s’élargir sur un « eurocommunisme ». Certains diront que c’est une théorie qui favorise entre autres les partis modérés à la lente dérivation vers le néolibéralisme parfois le plus radical. Pour autant, la raison permet de voir un élément : les différents échecs des partis européens progressistes ont conduit naturellement vers l’ultralibéralisme. Le repli national reste une contradiction en ce qu’il concerne la nation du progrès.

Prototype du nouveau logo de Révolution et Libertés

Cependant, cette Europe ne satisfait en aucun cas nos aspirations. Ainsi, au lieu de mettre des étoiles jaunes sur le drapeau de l’Union Européenne, nous avons mis des étoiles rouges. En effet, la solidarité entre les travailleurs au sein de l’Europe reste fondamentale. La coopération, la solidarité et l’unité deviennent nécessaires en ces périodes troubles. Une économie ouverte doit s’orienter vers une société ouverte. Pourtant, nous allons vers l’inverse. Dès lors, il convient de souligner que la démarche actuelle s’enracine progressivement dans une dynamique tendant vers le progrès et l’ouverture de la société. Ainsi, les « libertés individuelles » deviennent fondatrices.

Nous savons très bien que dans une résolution de l’Union Européenne, la dénonciation du « marxisme-léninisme » a suscité une colère notoire chez les communistes reprenant au mot-à-mot la théorie de Friedrich Hayek, un économiste favorable aux pires dictatures libérales quand c’est nécessaire. Le pamphlet La route de la servitude s’adressait aux socialistes du monde entier. Ainsi, le dogmatisme libertarien poursuit sa quête. Certains ont qualifié cette résolution d’anticommunisme primaire. Il va falloir dès lors commencer à scinder les raisons qui nous poussent à mettre en avant « l’eurocommunisme ». En effet, nous ne nous réclamons point du marxisme-léninisme. La motivation s’inscrit dans le « luxemburgisme ». D’ailleurs, la vision démocratique de Rosa Luxemburg s’inscrit étrangement dans la vision de Karl Marx et Friedrich Engels.

Ainsi, la réalité symbolise clairement autre chose. Nous défendons un projet fédéraliste au niveau de l’échelle européenne, mais uniquement mis sous l’angle de la « démocratie ouvrière ». Oui, l’alliance entre les peuples doit servir également à une alliance entre les salariés. L’universalisme devient également une motivation sur de nombreux points : une loi européenne fondamentale pour les pays de l’Union Européenne et des règlements permettant d’adapter la loi vis-à-vis des pays concernés.

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