Une révolution végétale jusque dans l’assiette

Une révolution végétale jusque dans l’assiette
Photo by Anna Pelzer on Unsplash

La révolution végétale intervient comme le pilier de la transition écologique vers une société post-capitaliste. La question de l’alimentation joue un rôle particulier puisque l’agriculture reste un des principaux vecteurs en matière d’émission de Gazes à Effet de Serre (GES). Les conservateurs de la terre nourricière et de la barbaque argueront qu’il s’agit d’une vision citadine ou néorurale. Le mode de vie bascule d’une façon concrète pour les éleveurs. Ils sont accusés d’être responsable de près d’un tiers des fameux GES. Dans ce sens, il y a une confrontation entre deux modes de fonctionnement : les uns s’orientent vers une transition en profondeur arguant que les appels à la nature n’ont aucune valeur, les autres s’enracinent d’une façon très profonde dans la vision abjecte de Maurice Barrès au travers de la Terre et les Morts. Ainsi, les éleveurs se sentent menacés comme les bourreaux voyaient leur « gagne-pain » réduire d’année en année en raison de la diminution des exécutions.

La violence régulière des éleveurs qui défendent les traditions néandertaliennes permet de voir très bien qu’il existe une rupture flagrante entre le paternalisme et la réalité de ce qu’ils sont. Ainsi, les traditions qui jouissent en France d’une notoriété importante sont menacées par des « khmers verts », des « ayatollahs de l’écologie » ou même des « islamo-véganistes ». Nous ne parlerons pas de « wokisme », ils feront les liens au travers de « contorsions argumentatives ». Ils ont forcément une rhétorique complotiste symbolisant un mille-feuille argumentatif afin de « noyer le poisson ».

La réalité au-delà de tous les éléments scientifiques que nous mettrions en avant réside dans les faits qu’ils ne veulent pas de « changements » et souhaitent continuer à « produire » des « animaux » pour les transformer en « viande », « laine », « cuire », etc. La résultante de tous ces éléments constitue une volonté de perdurer un « système d’exploitation » nocif autant pour les animaux qui sont percutés, égorgés, démembrés et disséqués dans les chaînes d’abattage que pour les êtres humains.

La société change. Le besoin d’une « écologie populaire » passe également par l’abrogation des traditions en rupture avec notre siècle. La « bidoche » et la « barbaque » deviennent des « produits » de luxe destinés au « plus aisé », mais aussi aggravant les famines et la guerre de l’eau. La transition vers le végétarisme que l’on peut qualifier de molle par les élus « écologistes » devra se radicaliser de façon crescendo afin d’aboutir au fait que la « viande » a une « empreinte écologique » importante. Sans une vision cohérente : la révolution végétale doit pousser le « bouchon » plus loin en demandant une transition par étape vers le végétalisme alimentaire.

Les conservateurs y voient une volonté de « nuire », de « s’attaquer » à un modèle de société. L’identité culinaire de la France passe par son assiette, mais la question réside de savoir si cette même identité est « polluante » et « patriarcale » afin de reprendre les travaux de Carole J. Adams. La « révolution végétale » se base sur la recherche universitaire.

Willy Schraen peut se tenir en alerte également : son combat pour la destruction de la Faune et de la Flore en dit long sur les « beaufs » et les personnes lourdement alcoolisées comme armées dans les campagnes est régulièrement critiqué. Le terrorisme rural au travers de son patron part du principe existentiel : le plaisir de tuer. Macabre : ils commencent par des animaux et terminent par des êtres humains. Ironie du sort, le patron des chasseurs propose ses services au ministre de l’Intérieur pour lutter contre la délinquance rurale et ses incivilités. Cette volonté de privatiser un service régalien par une association soulève des questions réelles : les chasseurs s’entretuent, mais aussi une grande partie de la circulation des armes liées à la chasse sont responsable d’un tiers des féminicides en 2020.

La révolution végétale s’inscrit également dans le fait de supprimer ces « êtres humains armés » de nos forêts, de nos campagnes et de nos villes et villages. La liberté, ce n’est pas la privatisation progressive comme le réclame Willy Schraen de tout l’espace public. Il ne saurait être une volonté claire de voir que les (vrais) amoureux de la Nature, pas ceux du plomb déversé comme des sagouins polluant in fine la terre et les nappes phréatiques. On peut dire que « l’homo régulus » pensant créer une nature à son image pour la dominer d’une façon constante. À partir de ce moment-là, ils essayent de trouver des « stratagèmes argumentatifs » pour voir qu’ils s’enracinent pleinement dans la vision de « dompter la nature ».

La révolution végétale intervient à un moment crucial : elle est scientifique, raisonnée, pragmatique et progressiste. Ces valeurs sont l’antithèse même du mode d’élevage actuel qu’il soit conventionnel ou pas. Accompagner des éleveurs vers une sortie totale de l’élevage se transcrit par une autre façon assez réaliste : l’éleveur est responsable du réchauffement climatique. L’orienter vers une transition absolue pour une agriculture adaptée au XXIème siècle semble nécessaire. On ne parlera pas d’intensif, de raisonné, de bio, etc., pour une raison simple : l’utilisation des pesticides est réalisée dans tous les différents labels précités. Dans l’idéal, l’orientation vers une agriculture radicale sans pesticides et sans bouillie bordelaise comme d’autres potion magique dangereuse.

La réalité réside également dans une volonté de s’allier avec la cellule Demeter (comme la marque en biodynamie liée à l’anthroposophie, dont nous reviendrons prochainement) à savoir le bras armé des néocorporations agricoles s’enracinant dans l’esprit de 1940 – 1945. Ensuite, il apparaît très clair que la dimension violente entre les chasseurs, les éleveurs et l’industrie agroalimentaire reste au goût de l’Etat dans son unique objectif reste la répression quitte à se souiller déontologiquement. Nonobstant cet élément, la « révolution végétale » risque elle-même d’être dans le viseur de Demeter.


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