Soutenir ou pas Julian Assange

Soutenir ou pas Julian Assange
Photo by Rosenthal Charlotte on Unsplash

Julian Assange a été arrêté en Angleterre à l’ambassade d’Equateur à Londres suite à un mandat d’arrêt sur différents dossiers. S’il ne s’agit pas de remettre en cause le droit de la presse, le droit d’être informé et aux différentes investigations. Wikileaks pose tout de même de sérieuses questions éthiques.

Faut-il soutenir l’un des fondateurs de Wikileaks ? Cette question demeure cruciale. En effet, cette question demeure présente non pas pour criminaliser Julian Assange, mais bien pour remarquer les différents dossiers qu’ils ont sortis. Or, la divulgation de dossiers sur Hillary Clinton ou encore sur Emmanuel Macron durant les campagnes n’a fait qu’accroître une interrogation profonde en ce qu’il concerne ses liens avec l’extrême-droite et Moscou. Dans ce sens, l’idolâtrie vue par une certaine partie de la “gauche modérée française” pour un véritable résistant interroge. Soutenir indirectement Donald Trump tout comme Marine Le Pen devrait interroger. Dans un monde où l’extrême-droite progresse, où les dimensions ne cessent de s’étoffer vers le national-libéralisme alors il existe dans les faits : une prise de position. Chacun regardera sa montre et chacun en déduira ce qu’il en pense. Au moment où le Brésil s’inscrit dans une élection entre les militaires de Jair Bolsonaro et les rouge-bruns de Lula, on peut objectivement dire qu’il y a une troisième voix : celle de la démocratie ouvrière. Or, cela passe par un accroissement objectif des différents outils démocratiques afin de les rendre aux citoyens : démantèlement des cartels de la presse, séparation des pouvoirs, etc.

Pourtant, il semble qu’objectivement nos corbeaux ou des hackers d’origines diverses et variées tentent de mettre en avant des éléments, il semble au contraire qu’au travers de cela : leurs choix de divulguer des leaks en question s’avèrent reposer sur une bataille idéologique. Dès lors, ce n’est pas l’ex Front national et ses alliés Les Républicains qui ont subi les divulgations, mais bien les modérés (quand bien même, on sera tangible sur l’expression). La course à tout prix de vouloir en terminer avec les attenants d’un “système” paraphrase l’idée majeure nazi du das system. Cela en dit long. Derrière, ces fameux leaks, des citoyens embrigadés dans les thèses de Qanon refont surface. Antisémitisme, complotisme, xénophobie et toutes les idées propres de l’extrême-droite en arrivent à prendre le pouvoir au travers des différents moyens légaux. Dès lors, la prise de décision de la par des lieutenants da Julian Assange aboutit nécessairement à une remise en cause le fondement même des démocraties. Ces dernières sont certes loin d’être parfaite, mais elles sont meilleures que ses modèles d’ultra-droite.

Nombreux seront les lecteurs à se poser des questions sur l’idée même de là où nous voulions en venir. Pourtant, nous sommes cohérents au travers de l’idée qu’il se cache. En effet, Wikileaks n’apparaît à aucun moment comme un outil pour permettre de faire avancer les grandes démocraties au travers d’une intensification de la “démocratisation” de ces dernières. Au contraire, il s’agit objectivement de les détruire afin de créer une forme de chaos et d’anomie totale. Nous avons besoin de grandes enquêtes notamment sur les “paradis fiscaux” et de nombreux sujets dans le monde où se trouvent des leaks nécessaires pour informer les citoyens. Or, les leaks qui se positionnent substantiellement sur une prise de position en faveur de l’extrême-droite, c’est-à-dire de Moscou en disent long sur l’aspect éthique qui demeure au sein de cette dernière. La “guerre froide” commencée il y a une dizaine d’années entre la Russie et l’Occident a trouvé un allié de taille. Pourtant, nombreux sont les personnalités à soutenir ce que l’on pourrait appeler de personnes favorables au retour des dictatures, au retour de l’armée au pouvoir ou encore au retour des pires heures de la France.

Bien sûr, il convient à aucun moment d’affirmer que la gestion du pouvoir par Emmanuel Macron repose entre autres sur des éléments violents afin de poursuivre une politique radicale afin de réformer le pays pour qu’il repose dans le mysticisme de la “main invisible” d’Adam Smith. Dans ce sens, il ne s’agit à aucun moment de défendre la position objectivement conservatrice et violente de la Macronie.

Dès lors, il semble qu’objectivement Julian Assange ne repose à aucun moment sur “l’ami des démocraties”. Je le sais : cela pose un véritable débat. Faire fuiter des dossiers compromettant apparaît comme nécessaire aux différentes démocraties, mais mettre en avant des dossiers pour soutenir toujours et par tout temps l’extrême-droite n’apparaît comme véritablement démocratique. À partir de ce point de vue assez “précis”, nous voyons qu’objectivement l’idée de Julian Assange s’est progressivement construite sur une idée emblématique : faire tanguer les différents pouvoirs afin d’amener un certain chaos. La réalité repose dans les différents corbeaux où nombre d’entre eux soutiennent objectivement l’extrême-droite, cela ne peut que reposer dans les faits que nous n’avons rien à gagner sur cette mesure.

Certains candidats comme Jean-Luc Mélenchon sont favorables à octroyer la nationalité française. On rigolera de cette prise de position. En effet, cela soulève de nombreux éléments sur la suite à donner. Or, il n’est pas question de donner l’asile à un “lanceur d’alerte” comme celui-ci. En effet, les lanceurs d’alerte travaillent pour mettre en œuvre de vrais dossiers, le militant Assange travaille pour détruire les démocraties. Peut-être qu’il est l’heure de Jean-Luc Mélenchon de prendre sa retraite politique.


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